Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /Juil /2009 17:55


...."Vos images exquises... chaque jour ... ravissent mes pupilles..."
Le temps et le printemps s'étaient laissé couler au rythme des heures que parfument les fleurs.
J'avais osé, n'y tenant plus, ma gorge assassinée du silence éternel, mon ventre torturé, ma mémoire perdue, éperdues mes envies de croiser son regard encore...J'avais osé un court poème, deux ou trois lignes posant l'équation...Un semblant de haïku...à l'insu de ma plume d'ordinaire plus agitée.
" Le premier pavot
a déployé sa corolle de papier froissé
c'est l'extase..."
Et j'avais attendu encore, comme attend le pêcheur, quand la mouche est posée sur les rides de la belle rivière, au mileu, le tressaillement presqu'imperceptible à l'œil novice....la récompense faite à la patience.
Un jour, deux jours, une semaine.
Puis deux et encore une...
Que l'attente est cruelle et cruelles les heures. Le pavot se dressa, puis s'ouvrit, offrant ses trésors noirs et poudrés à mon regard émerveillé, pour enfin mourir à mes pieds, vide du sens et de l'essence que je lui avait donnés.
Et puis un matin, à l'heure où le soleil passant par dessus le toit, jette ses rayons sur les roses qui dansent en bouton, malgré le deuil...St Laurent est mort, mes roses défilent en Lacroix...
Un matin donc plus joli que les autres, plus doux aussi sans doute, un rayon taquin vint chatouiller mon oeil gauche, habile, alors que fébrile et un brin désespérée j'ouvrais ma boîte à messages.
Dr R.....H ..... Re: Opium
Anesthésiée, endormie, ramollie, je posai mes doigts pris soudain d'une raideur nouvelle.
Le message apparut, délivré dans l'instant quand j'avais attendu si longtemps sa venue.
Et l'extase me prit à son tour en corolle... je me pamai de bonheur. Une larme à mes iris.
Un souffle m'emporta qui me fit quitter terre.
Un extrait de bonheur libérait son parfum, et mon corps avec lui.
Je me fis plus légère et quittai un instant l'écran et ses images.
Il me fallait de l'air, du vent, des plumes... Mon ange enfin se posait près de moi...
Je n'osai lire la suite...

Par FrédériqueLR - Publié dans : écriture et poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 11:10
Hier, j'ai accroché dans la salle de bains ce beau miroir gustavien, légèrement grisé, un gris tirant vers le bleu... vite emballé en quittant le Quai aux fleurs.
J'ai du mal on dirait à me défaire de mes démons.
Mais, il est bien, là, dans cette pièce d'eau et de buée, on dirait moi. Mes larmes et mon regard troublé, après mes lectures et ma plongée profonde dans les eaux noires de mes passés tragiques. Après cette nuit étrange. Après lui. Après lui, là, tout près, si longtemps après.
Et c'est vrai, c'est moi que j'aperçois dans le halo clair oublié en son centre. Mon image en reflet. Moi, mon corps...Pas si mal au fond. Malgré ma cinquantaine bien entamée. A voir Sophie si ...comment dirais-je, autrement que bien conservée, ce qui franchement n'est ni joli, ni flatteur, au fond, elle qui n'a pas encore accroché le wagon des "fiftysomething"... Belle, c'est tout.
Belle, dans la beauté de l'âge. Belle, comme on ne l'est pas à vingt ans, ni à trente, belle comme à quarante. Lisse, dorée, musclée... Epanouie. J'ai admis il y a quelques temps, et en l'observant, sans jalousie, parce que la jalousie est un sentiment idiot: si tu envies quelqu'un, regarde-toi de plus près et bouge ! J'ai admis donc, que la culture du corps relevait de l'indispensable. Que le bien vieillir sans doute passait un peu par là. Alors, sans écouter ni relire les fadaises de mon magazine du lundi, sans prendre au pied de la lettre les conseils mal avisés qu'il prodigue à chaque printemps... Du genre, "Comment préparer son corps avant l'été..." Maillot en vue...on planque tout ce qui dépasse ! " En deux mois ???
Et là on vous dit en substance que vous pourriez courir, et même plusieurs fois par semaine, et encore... que si vous n'aimez pas çà, rien de grave, allez-y en mode ipod...les écouteurs vissés sur les oreilles... Et j'entends Sophie encore, l'autre jour:
"Petit 1, "rien ne sert de courir...", petit 2, si on n'aime pas çà, mieux vaut faire autre chose...petit 3 : Alzheimer assuré si on se coupe du sensoriel !
Ecouter, entendre, reconnaître les musiques qui jalonneront un parcours de plaisir. Et s'écouter soi-même respirer, se sentir... se vivre..."
Bref, en me concentrant sur moi, mes désarrois, mes faiblesses, j'ai compris une chose, la beauté, même avec un capital de départ, ça se travaille...
Deux mois que je fais le tour de moi-même, pour mieux me cerner, deux mois que je tire les ficelles de cette marionnette endormie que j'étais devenue. J'étire, en douceur, je muscle en musique, je marche, et je m'entends renaître.
Sophie me l'a dit, "Ne cours pas ! tu ne te rattraperais pas, c'est trop tard...et pas indispensable."
Et me voilà, nue dans le reflet de cette gustavienne image, pas si mal.
Nue et pleine d'envies, pour la première fois depuis...
Depuis Antoine, sans doute...Dix ans... C'est long dix ans ? Je n'en sais rien. Long et court à la fois, mais vide, tellement vide quand on est plus rien. Quand tout s'écroule. Quand les murs sont si hauts que la lumière du soleil n'apparait plus jamais à aucun horizon.
Oh bien sûr, des bras, des bouches, sans chaleur et sans saveur, ont croisé mes nuits tristes... depuis... Mais faire l'amour à une morte... Pas le pied, ont-ils du se dire... ou plutôt... "Quel guépier !"
Pas de téléphone, pas de mail. A peine un regard, sur mes formes qui s'alourdissaient jusqu'à peser sur la légèreté de ces rencontres éphémères.
Pas si mal.
Je tourne, je regarde , je me regarde, je me vois...Je commence à m'aimer... Un  peu.
Arrêt sur image.
Par FrédériqueLR - Publié dans : écriture et poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 17:35
Parfois, une idée en entraîne une autre, une image en appelle une autre, la mémoire fait son marché quand on la laisse déambuler sur les pavés de nos chemins intérieurs.
Et la vie est étrange qui noue des liens, fait des boucles avec nos jours et nos nuits, tisse une toile où se projettent nos désirs, nos envies plus légères, nos passions, nos démons, visibles ou invisibles d'ailleurs.
En retrouvant le catalogue de cette expo sur Hammershoi, j'avais pris les lumières du générique en pleine figure et la BO un peu effacée d'un passé encore proche s'est mise à hurler dans mes oreilles.
Comme je l'ai aimé... et comme cet amour m'a perdue. Perdue comme jamais. Tuée. En me prenant ce que j'avais de plus doux. Et le reste de mes envies.
Relire les mots d'Antoine. Rajeunir un instant... et voir mes rides à la loupe, tout çà, en l'espace d'un clin d'oeil, vous savez, celui, involontaire de nos yeux...quand battent les cils, comme pour balayer un vague nuage sur nos iris.
Antoine, c'est la première fois que je peux penser à son prénom, la première fois que je peux l'écrire sans ressentir la lame du désespoir et de la perte creuser mon ventre mort. Antoine et sa musique, Antoine, sous les toits, Antoine, ses livres, les mots qu'ils me lisait et qui valaient tous les discours, tous les atours dont se parent les mâles. Ses mots, qui me faisaient fondre, glissés dans la pénombre amie de sa tannière d'artiste. Sous les étoiles exactement. Avant ses mains.
Avant les matins lumière, sous la verrière.
Je voudrais ouvrir les yeux et les brûler à ce soleil déchu.
Je ne peux pas. Je me suis habituée à l'ombre.
En le retrouvant lui, derrière mes yeux, dans ces tableaux, dans ces poèmes, c'est un autre qui a ressucité. Avec une violence rare.
La violence des plaies jamais fermées, qui suintent éternellement la douleur.
C'est là que j'ai marqué mes jours à venir du sceau de l'inconstance. De la légèreté. Sous couvert de ce que je pensais être la liberté. Tellement grande, qu'on aurait pu l'écrire avec deux L . C'est alors que ma vie s'est peinte de gris, de gris bleu, de bleus et de blues.
Ma liberté.
Mon esclavage.
Ma prison.
Des teintes étalées au couteau, ou jetées sur ma vie, comme sur une toile abstraite, celles que parfois je contemple, sans vraiment les comprendre.
Mais parfois je les aime. Sans raison. Juste comme çà. Aimer. Ne pas chercher. Mais aimer.
M'arrêter un instant sur mon image.
Aimer ce que je suis.

Par FrédériqueLR - Publié dans : écriture et poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /Juin /2009 11:17
Et la maison résonne encore des cris des enfants.
Je crois que j'ai dormi. Mais je n'en suis pas sure. Si j'ai dormi, j'ai dormi longtemps. Comme une petite mort. Dans la lumière pâle de cette lampe emportée et posée près du lit froid. La maison sous la vigne vert tendre semble encore frissonner de cette nuit fraîche. Printemps capricieux.

Si j'ai dormi, je crois que j'ai rêvé. La frontière est tellement ténue entre ce qu'on vit, ce qu'on croit avoir vécu, ce qu'on rêve, ce qu'on pense avoir rêvé. Il pleut. J'entends les gouttes qui s'écrasent lentement sur le gravier dehors, qui glissent dans la gouttière emportant quelques plumes et des feuilles, et j'essuie encore une larme. Je crois que j'ai entendu sa voix. Je pense qu'il m'a parlé. Je suis presque sure que c'était lui.
Il est venu, là, dans cette chambre de campagne, qui s'endort en été au parfum suave et miellé du tilleul, dans cette chambre un peu trop froide, parce que peu habitée, un peu trop triste parce qu'on y aime plus. Les draps restent tirés et se ne froissent plus. Il est venu là. Combien de temps est-il resté ?
Mais je l'ai reconnu, senti, respiré, comme s'il avait toujours été là, comme si ces lieux qu'il n'a jamais caressés de son ombre le connaissaient aussi. Je sais que j'ai dormi
, je sens comme l'empreinte de cette lourde nuit. Sur mes paupières, qui ne veulent pas percer la pénombre, sur mes bras qui frissonent encore, sur ma bouche un peu sèche, qui a oublié l'humide volupté d'un baiser. Je sais que c'était lui. Mais ce n'est pas un rêve.
Ce sont mes mots. Ceux que j'ai lus, enroulée dans un châle de silence, quand des bras auraient pu réchauffer mes absences. Mes absences oui. Absente de moi-même je suis, je reste, j'ai été, tant de fois. Croyant que ma vérité était ailleurs que là où la vie voulait qu'elle soit.
L'ailleurs toujours en refusant un peut-être bonheur.
La liberté est souvent enchaînée.
Mes mots jaunis, comme fatigués par le temps, les années d'oubli.
Mes mots où je le disais lui. Lui, au moment où je le rêvais, et où il se voulait ailleurs, dans son bonheur à lui. Dans sa liberté, passager du vent.
La concordance des coeurs, comme la concordance des temps. Il est des histoires qu'on ne peut conjuguer au présent. Des histoires qui n'ont pas de futur immédiat, et qui finissent par avoir un passé.
J'ai dormi, un peu, beaucoup, j'ai dormi et j'ai rêvé. J'ai vécu mon histoire dans un autre temps. Passé et présent mélangés. Est-ce que ça existe ? C'était un hier lointain, mais tellement clair et vivant...
Il faut que je le dise, je m'appelle Claire et je suis vivante. Mais lui ?

Par FrédériqueLR - Publié dans : écriture et poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 19:41
 

Des nouvelles de Sophie et de Claire.

Elles vont bien .

L'une dans son attente, suspendue aux ailes d'un ange, rêvé...mais inaccessible.

L'autre,murée dans les silences de sa vie de femme qui a voulu tout vivre et n'a rien pu,ou su, garder...ou si peu.

Le temps m'a manqué pour les suivre, sur les quais de Paris, dans le souffle très chaud d'un mai déjà lointain qui fut tellement beau,et donna à Sophie une nouvelle vie, ou dans la maison aux grilles rouillées, habillée de vigne vierge, vide comme les nuits et le coeur de Claire.

Je sais où se trouvent le cahier bleu et le journal sépia...

à bientôt, en attendant lire ou relire les pages de leur vie.

F.




Par Frédérique L.R
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Qui je suis....

Pages blue note

Laissez-moi vous dire

Mes mots sont à moi, je vous les prête...
Ne les empruntez pas...
Merci .

Un peu de moi...mais pas trop

                                                                                                
                                                                  
Je suis née au Mexique, ou plutôt à la frontière italienne, dans le chant des lavandes,ou sur un tapis d'édelweiss. Et j'ai toujours connu le parfum fou des fleurs et l'ivresse des auteurs, la chaleur et la neige,les odeurs de provence,l'huile,les fruits,le thé,le vin,le vent...et la musique.Mon premier rock, c'est ma rivière, mes rolling stones dans ma vallée.
J'ai les yeux couleurs Ubaye, et la fougue de ses eaux,
le calme clair de ses montagnes, la douceur vive de mon berceau d'hiver.Je suis une fille des montagnes, réfugiée dans un pays plat, qui court au milieu des bois, et rêve dans les eaux calmes d'un fleuve roi.


Musiques au coeur


Les indispensables
...
parmi tant et tant
je les ajouterai
au fil du temps











Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés