Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /2009 10:10
- Et vous Alice, qu'est-ce qui vous a poussée à regarder de l'autre côté
du miroir ?
- L'envie de savoir, sans doute, le manque, les questions sans réponses...
- Racontez-nous votre histoire, elle est belle et pleine d'espoir aussi, pour ceux qui comme vous ont longtemps ignoré leurs racines...
- Je ne sais pas si mon histoire est exemplaire ou représentative, de ce chemin là, mais c'est vrai c'est beau, malgré la tristesse que le temps perdu a installée...J'ai beaucoup de chance, je crois. La vie est pleine de surprises, bonnes et mauvaises, la vie nous joue des tours, mais c'est la vie, et elle est belle quoiqu'il en soit.
- Vous avez un regard très positif sur tout ce qui vous est arrivé, vous le dites, vous avez eu, dans votre "malheur", puisque ce manque vous a malgré tout torturée longtemps, la chance de trouver un équilibre, tardif, mais un équilibre quand même...
- Oui, je dirais que le questionnement est devenu plus cruel à l'adolescence, mais prise dans le tourbillon de mes études et du foisonnement bouillant de cette période de construction personnelle, c'est après, quand je suis devenue une "femme" que tout est devenu plus difficile, quand j'ai eu l'âge qu'avait ma mère quand j'ai été conçue. Inévitablement, je me suis regardée différemment et je l'ai regardée différemment aussi.
- Votre mère à l'époque, avait une relation suivie avec un jeune homme de son âge ou à peu près, ils ne s'étaient rien promis, lui se voulait libre, elle, elle tenait un peu plus à lui, peut-être, c'est çà ? Et puis, vous êtes arrivée...
- C'est celà, ma mère a voulu garder l'enfant qu'elle portait, mon père était jeune, pas préparé du tout à cette aventure, à cette erreur d'aiguillage... et il lui a expliqué qu'il ne s'embarquerait pas pour ce voyage avec elle. Il voulait vivre encore, découvrir d'autres chemins, s'installer dans sa vie professionnelle avant de penser à établir une relation stable, avec ce que cela suppose d'engagement et de responsabilités...et d'amour aussi...
- Et malgré tout, elle a voulu mener sa grossesse à terme, avoir ce bébé, faire un bébé toute seule, comme le chantait Jean-Jacques Goldman à l'époque, et que s'est-il passé ensuite ?
- Mon père m'a vue à ma naissance, et c'est tout.
- Vous ne l'avez donc plus jamais vu par la suite...
- C'est çà, oui, le vide pendant de nombreuses années, 25 années... Vingt cinq ans pendant lesquels je me savais sans père, parce que le mien ne pouvait pas être avec moi.
C'est ce que ma mère m'a toujours dit, calmement, avec une forme de résignation sereine. C'était impossible, point.
- Et puis, un jour vous vous êtes lancée... Vous êtes allée voir de l'autre côté du miroir...
- Au sens littéral oui, parce que tout simplement, je ne ressemble pas du tout à ma mère, ni à mes tantes, ni à ma grand-mère, ni aux hommes de la famille au sein de laquelle j'ai grandi... Evidemment, cela suscite des questions. A qui est-ce que je ressemble, et bien sûr, d'où est-ce que je viens...?
- Et votre mère, vous lui avez posé cette question à nouveau, ou pour la première fois peut-être ?
- Pour la vraie première fois, je dirais, il y a eu un moment, où j'ai eu besoin de çà. Un besoin très fort, j'étais amoureuse, et mon histoire avait du mal à décoller... je me cherchais plus que d'habitude et le miroir du regard de l'autre, de mon ami, ne me suffisait pas ou plus... C'était très difficile, très déstabilisant... J'avais vécu, jusque là très entourée, aimée, choyée, ma mère s'était construit une vie différente avec quelqu'un qui m'a élevée comme sa fille, avec mes frères et soeurs, mais là c'était le vide... Un vide profond.
- Comment vous êtes-vous décidée..., à sauter le pas ?
- C'est mon image qui m'y a presque forcée, ce visage dans le miroir qui forcément était le reflet d'un autre, et au-delà d'une personne et d'une vie...
- Et vous avez retrouvé votre père...
- Oui, l'histoire des retrouvailles est un peu complexe, mais c'est ce qui s'est passé et finalement très simplement... Ma mère a accepté, comprenant mon mal-être de me donner son nom, et j'ai cherché... et puis j'ai trouvé.
- Vous vous êtes donc vus, découverts... Un choc ?
- Un choc et un grand bonheur, c'était moi en face de moi. Enfin le miroir me renvoyait mon image. Ca été un moment bouleversant...
- Et votre père n'a pas eu de réticences ?
- Aucune, il savait que j'existais, il y pensait parfois...
- Vous avez noué des relations vraies avec lui ?
- Non seulement avec lui, mais sa famille, ses autres enfants, qui me ressemblent...
- Comment vivez-vous cette nouvelle naissance, car c'en est une je pense ?
- Bonheur et douleur à la fois, mais bonheur surtout... Et ce que je voudrais dire, c'est que je respecte les choix, différents, de mes parents, je crois que c'est important pour avancer dans ma nouvelle vie. Je ne peux pas leur en vouloir. Ils ont fait ce qu'ils ont pu, avec leur propre histoire, et avec ce que le miroir leur renvoyait d'eux...
Mais surtout je dis merci, un grand merci à ma mère, qui en acceptant de me parler vrai, m'a donné la vie une deuxième fois. C'est le plus beau des cadeaux...
- Merci, Alice, nous sommes tous bouleversés par votre témoignage, très touchant et pudique... Que peut-on vous souhaiter maintenant ?
- Je ne sais pas... l'amour, le grand...
"Et moi, je fais quoi pour Julie ... et pour tout le reste ?"
En marchant le long des quais, mon image en vrille dans les eaux de la Seine agitée par la brise du soir qui tombe, irisée dans les rayons roses et prunes du couchant, j'ai revécu une à une les étapes de cet enregistrement, quelle leçon de vie et d'humanité, je me suis sentie tellement à côté de la plaque, murée dans mes silences, prisonnière consentante de mes non-dits, de mon égoïsme, de mes folies de femme... libre ????mais pas libérée !...
Et maintenant je baigne dans la flaque immense de mes larmes de mère indigne... Est-ce qu'il est trop tard...?
Par où commencer ?
Me jeter à l'eau ...
Quai aux fleurs. Je suis arrivée, vidée, comme un vase oublié sur un meuble, les tiges molles et les pétales éparpillés.
Monter, respirer, monter encore, prendre de la hauteur, trouver le calme et les couleurs de demain...
Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /2009 17:14
- Voilà, j'y suis, un peu de blush... miroir joli miroir, une touche de rose, mon trench, mon sac, le dossier, on y va !
- Je suis venue en taxi, il attend en bas... tu es sûre que ça va aller ?
- Mais oui, le plus dur est passé...demain est un autre jour...
- Tu es bizarre Claire !
- Laisse tomber, tu veux, avec qui on commence ?
- Tu te rappelles cette nana qui nous a écrit la plus triste des lettres qu'on ait jamais eues...
- Juliette ?
- Oui, c'est çà, celle qui a découvert qu'elle était la fille de feu son adorable et vénéré notable de grand-père en retrouvant le journal de sa mère après sa mort... Sa mère qui a fini par se suicider brûlée à jamais par la chaleur paternelle !
- Je suis refroidie d'avance... y a des Roméos un peu chauds dont on se passerait, non ?
"La vie n'est décidément pas un long fleuve tranquille", me dis-je en regardant les ombres grises de la Seine danser derrière les vitres du taxi. Je me demande comment l'idée ne m'est pas venue que ce sujet précisément me mettrait à ce point face au miroir, et précisément à ce moment-là de ma vie.
Les choses qui nous arrivent doivent-elles arriver ?
Est-il écrit quelquepart que nous avons rendez-vous avec nous même un jour ou l'autre ?
Et pourquoi ?
Cette pauvre Juliette n'a pas rencontré son ange gardien, elle n'a pas su ou pas vu dans certains signes du temps les plumes qui défont les nuages, les baumes qui réparent. Sa mère non plus. La parole libérée au moment opportun aurait changé leur vie à toutes les deux. A ce c............. aussi ! Quel gâchis...!
Et c'est moi qui dis tout celà...
Je ne me reconnais plus. Mon image tremble dans son reflet sur la vitre du taxi qui continue sa course... Un coup d'oeil à l'heure. On y sera dans les temps. Le rétroviseur me renvoie mon visage en pleine figure, et avec lui les mots de Sophie et les miens mélangés.
C'est étrange, mais il me semble que nous sommes plus proches que jamais, unies dans nos différences et nos ressemblances improbables et pourtant tangibles. A quel point je ne sais pas. C'est difficile à dire. Ses délires restent obscurs et bizarrement je la sens avare de plus de confidences aujourd'hui. On verra tout à l'heure.
"Il faut que je pense au thé !".
-
Pardon, tu disais ?
- Oh rien, un thé avec mon amie Sophie, tu sais, la décoratrice.
Elle passe dans l'après-midi, je voudrais changer de décor mais je ne sais que choisir, peut-être du métal et du bois brut, du noir, du blanc et des taches de couleur...On verra...
Je suis un peu à l'ouest...
- J'avais remarqué, d'ailleurs on arrive...
Tout à l'heure je laisserai dans mon dos le cercle du soleil faire un "i" sur la Tour Eiffel, et marcherai tranquille sur les quais. Je chercherai dans les eaux brunes mon nouveau visage. Dans mes cheveux défaits soufflera comme l'air de la mer. C'est décidé j'embarque pour une terre nouvelle. Je noierai dans le fleuve gris bleu, mes souvenirs amers et mes démâtages volontaires, mon insouciance, mon égoïste indépendance. Ma liberté aussi, celle qui m'a ouvert les mondes, tous les mondes, et enfermée au fond dans mon continent rétréci de solitude.
Et si la sagesse était, finalement d'apprendre à aimer ce nous sommes, à aimer ce que nous n'aurons pas, à tendre nos mains ouvertes et ne pas les refermer, sur ce que nous voulons, à tout prix, à n'importe quel prix.
Apprendre, à aimer le sourire sans convoiter la bouche.
Apprendre, à suivre le regard sans y chercher l'abîme.
Aimer l'inaccessible sans crever de douleur.
Ne pas vouloir tout, toujours, et malgré tout.
Et dire, quand il est temps, les choses belles et dures.
Pour le meilleur et pour le pire.
Je sais que je vais parler.
Bientôt.

Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 19:06
Je ne sais pas quelle heure il est, je ne sais plus quel jour on est, hier, c'était hier je crois...
Demain est né hier, est-ce qu'on est demain, aujourd'hui...
Quelle lumière ?
Ouvrir les volets, mais d'abord tomber du lit...C'est tout ce dont je me sens capable, anéantie, chavirée...
Sur la Seine le jour se lève, ai-je dormi tout habillée ?
Sur la table crème à côté du lit à peine défait, un verre vide et le courrier, et sur le lit le cahier bleu.
Je crois que j'ai lu, longtemps, combien de temps ? Je crois que j'ai bu aussi, souvent...

" Et repousser les murs de ma folle prison, les ombres camisole de mes nuits qui m'isolent, mains nouées dans le dos, penchée comme un bateau qui tangue et qui chavire, au-dessus des flots bleus de mes mots bâillonnés."
Pourquoi les mots de Sophie ont-ils ce fol écho dans mon âme noyée ?
Je crois que j'ai pleuré. Un regard au miroir, mes yeux sont délavés, et des cernes bleuâtres ont dessiné en cercle mes pauvres douleurs ressucitées, remontées d'un coup de pied sec sur le fond de cet océan de larmes enfouies, ensablées dans un coffre fermé...

Ce n'est pas un trésor que la vie a choisi d'exhumer. Et pourtant...
La nouvelle lettre de Sven est là, une grande enveloppe, des timbres colorés. Des
voiliers sur un ciel sombre, bleu, profond et dramatique. Quelques mots de lui, pour dire que Julie va bien, que le printemps voudrait percer, que la lumière est belle sur l'archipel, anodins et lourds d'un sens caché, aussi.
"Sven, pardonne-moi..."
Je sais, il va falloir que je lui parle à lui aussi, que je lui dise...
Je crois que le moment est venu de me retrouver. La vie, quelqu'un, a décidé tout d'un coup de me mettre face à mes silences, de faire naître des mots morts depuis longtemps.
Survivrai-je à cette étape nécessaire ? Sans doute oui, mais comment ....et dans quel état ? J'en ai vu d'autres, c'est vrai...
Quelques mots de lui, et un vieux cahier jaune devenu sépia et triste.
Je l'avais oublié. Pas lui. Il m'a rattrappée.
C'était mon journal.
La seule oreille à qui j'aie jamais vraiment parlé. Pas très longtemps d'ailleurs.
J'avais oublié jusqu'à son existence.
"Mai 1975, Paris.
Je commence aujourd'hui une expérience étrange.
Une chose qui toujours qui m'a semblé ridicule et fleur bleue. Mais aujourd'hui, je découvre avec un oeil différent, la nécessaire envie de coucher entre ces lignes le fond de mes pensées.
Fleur bleue, ce n'est pas moi. Les roses bleues sont plutôt rares et assez moches. Moi, je suis rose, d'un rouge feu, et mes épines très pointues font un rempart, une herse, à ma vie. Ardente et passionnée. Le feu plutôt que la glace.
Je me souviens, d'un amoureux transi, joli garçon et très gentil, qui, un jour las de m'étourdir de mots suaves et d'attentions miellées, me dit enfin dans un courrier:
"Avec toi tout est toujours impossible, ta montagne est trop haute, et je suis fatigué..."
Mais me voilà, face à cette page blanche à raconter mon jardin secret et le bleu de mes veines qui battent étrangement..."
Comme je relis cette première page, des coups sourds, plus loin...
J'ai mal à la tête. J'ai l'impression de ne plus être en moi, mais à côté...
Je rêve ou on sonne ? A moins que ce ne soit le téléphone...
Je me lève, titube un peu, le couloir, la porte, je crois qu'on frappe.
- Claire !!!
- Oui... je viens...
- Mais qu'est-ce qui t'arrive ?
- Marie ? Mais quelle-heure est-il ?
- Neuf heures et t'es toujours pas au studio, on enregistre dans une demi-heure ! Comme tu ne répondais ni au téléphone ni sur ton portable j'ai pris sur moi de venir...
-Pfffffff ...! Bon, je suis morte, mais t'inquiète pas, donne-moi deux minutes, c'est quoi le sujet déjà ?
- Secrets de famille ......et mots perdus...


Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /2009 17:01
........J'ai couru ce matin, dans la forêt tranquille, bruissant de loin en loin du seul chant des oiseaux, au rythme saccadé des blessures infligées par un pivert vorace au tronc déshabillé d'un chêne encore nu, robuste et majestueux. Attentive aux sursauts du muscle tapageur.
Mais le souffle innocent demeure.
Mes pensées vont ailleurs, vers les tourments banals de la vie quotidienne, mais mon coeur, lui, ne connaît de sentier que celui tortueux qui mène à vos côtés.
Je l'écoute et l'ausculte guettant encore inquiète je ne sais quoi de faux dans ses accords.
Du repos et du temps pour calmer ses sursauts. Voilà ce qu'il fallait.
Mais le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas.
Mais ce mois de mai en a décidé autrement. Mais pas ce mois seul, ce lui. Cet autre. A l'insu de moi. En marge de mes sens.
Ces autres mois aussi, enfilés comme des perles sur le collier des jours sans fin.
Et puis, cet autre moi, déshabillé des certitudes, et dépouillé des habitudes.
Je cherchais l'espérance du calme retrouvé, la quiétude de l'air, j'ai trouvé un bonheur et peut-être une clé.
La clé d'une autre vie.
La vie d'un autre lit.
Dans l'or du soir qui tombe, la chambre silencieuse accueille pour une fois ma plume, vos ailes d'ange, et le soleil encore fait briller le cristal.
Pur malt.
Je sais il ne faut pas. Alors, juste une fois respirer sur vos lèvres les vapeurs qui enivrent et boire dans vos mains l'alcool. Mettre à nu cette envie, et voir cet amour nu débarrassé des mots.
Et repousser les murs de ma folle prison, les ombres camisole de ces nuits qui m'isolent, mains nouées dans le dos, penchée comme un bateau qui tangue et qui chavire, au-dessus des flots bleus de mes mots bâillonnés.
 J'ai été un moment oublieuse de vous, et de vos verbes rares, laconiques et fermés, de ces mois écoulés, des parfums étrangers, de cette envie tenace, des moments partagés, de vos ailes sur moi, protectrices mais froides. Oublieuse, et honteuse de ce moment de grâce, hors du temps, dans cet ailleurs magique.
Mais c'est ce moment là, qui me revient sans cesse. Cette vision fugace, cet envol de mon âme. C'est à ce moment là qu'au plus doux de mon ventre, s'est ancrée une graine, qui voudrait tant grandir.
Alors vous dire encore ces choses qui me tiennent.
Et trouver le moment et les heures propices, pour vous ouvrir mon coeur, ailleurs que dans ces lignes.
Vous parler et vous dire...
La nuit qui s'aventure et caresse les ombres fait danser mes pensées. Un ange passe dans le silence d'or. Le soleil va sombrer.
Ne plus rien dire. Peut-être. Juste écouter, et savourer. Ou bien vous dire encore... et remercier le ciel d'avoir connu ce monde, votre regard sur lui, et le souffle du vent léger et si troublant. Se dire que les images sont d'énormes cadeaux et ne plus rien attendre qui ne serait plus beau.
Mais si vous étiez là, c'est moi que vous verriez, au fond du verre vide.
Nue, dévoilée.
L'amour que je vous porte a-t-il besoin d'être habillé...

Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /2009 17:33
Sven, pauvre Sven...Adorable, aimable, attentif, discret, attentionné...
Quelle déception...
Je repose sa lettre pour la cinquième fois depuis hier. Sans doute a-t-il raison, c'est un homme sage en somme. Même si je ne comprends pas cet attachement indéfectible et fidèle...à moi qui ne le fus jamais
, ni cet amour privé de cri pour mieux en garder les miettes...
Que de souffrance, ou peut-être n'a-t-il pas souffert vraiment ?
Peut-être les choses reviennent-elles à la surface maintenant, justement là, puisque Julie est là. A ses côtés, fille et compagne improbable à la fois, le portrait de sa mère...
Justement là, parce que le temps...au fil des heures lasses et longues, conjugué aux printemps qui trépassent, rendant la fin plus proche et les minutes urgentes et précieuses, oblige à un sursaut, un réveil des douleurs, une conscience neuve, un regard différent, sur les choses et les gens, sur la vie qui s'enfuit, le présent qui ennuie, et les nuits de silence, noires, sans guide, où l'on se sent si vide.
Et s'il s'énamourait de cette fausse image, ou pire... si, elle, cherchait en l'amant
le père ?
"Arrête, tu dis n'importe quoi...C'est impossible !"
Cette pensée incongrue obsédante et perturbante... Imaginer Julie. Penser à Sven...
Non décidément, non. C'est inconcevable.
" Ma pauvre Claire, tu y vois trouble, il l'aime comme sa fille, celle qu'il n'a pas eue, que tu ne lui as pas donné, il se sent père c'est tout ! Et toi mauvaise mère, tu vois le pire. Question de confiance,...mais çà n'est pas ton fort..."
Prendre la main de Julie, trouver un banc confident, une heure propice...
Lui parler. Lui ouvrir la porte, lui donner la clé de ses racines. Planter les graines de sa naissance...
Et puis par quoi commencer ?
Que dire ? Expliquer ? S'excuser ?
Trouver des excuses...
Je ne sais pas si je suis capable de tout çà.
Des excuses pour le silence, des excuses pour la douleur, des excuses pour
quoi ?
J'ai fait ce que j'ai pu... Etais-je capable de mieux, de plus, ou d'autre chose ?
Que devais-je lui dire, que devais-je lui taire et que devais-je faire qui n'aurait pas cassé ses rêves de poupée ? Quel est le bon moment, et quel est le mauvais ?
Vraiment je ne sais pas, tout se bouscule en moi.
Grand ménage de printemps...
Les meubles et les couleurs, ma raison et mes peurs.
Je suis comme en chantier, mon coeur est en travaux, et aucun charpentier pour étayer mes maux. Et changer le décor, suffirait-il encore à  donner à mon corps, endormi, oublié, la force de l'envie et l'envie de parler ? L'envie de balayer les poussières d'étoiles pour les suspendre au ciel, et faire de mes jours une rivière calme, une barque d'amour, un tapis déroulé pour des heures persannes ? Une lampe magique, donnerait-elle à mes nuits les ors voluptueux et les trésors cachés du bonheur retrouvé ?
 




 
Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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Qui je suis....

Pages blue note

Laissez-moi vous dire

Mes mots sont à moi, je vous les prête...
Ne les empruntez pas...
Merci .

Un peu de moi...mais pas trop

                                                                                                
                                                                  
Je suis née au Mexique, ou plutôt à la frontière italienne, dans le chant des lavandes,ou sur un tapis d'édelweiss. Et j'ai toujours connu le parfum fou des fleurs et l'ivresse des auteurs, la chaleur et la neige,les odeurs de provence,l'huile,les fruits,le thé,le vin,le vent...et la musique.Mon premier rock, c'est ma rivière, mes rolling stones dans ma vallée.
J'ai les yeux couleurs Ubaye, et la fougue de ses eaux,
le calme clair de ses montagnes, la douceur vive de mon berceau d'hiver.Je suis une fille des montagnes, réfugiée dans un pays plat, qui court au milieu des bois, et rêve dans les eaux calmes d'un fleuve roi.


Musiques au coeur


Les indispensables
...
parmi tant et tant
je les ajouterai
au fil du temps











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