Mardi 3 mars 2009
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10:26
Disparaître, dans la nuit bleu marine, se fondre dans le temps, glisser dans l'ombre.
Partir, fuir, rester... quitter.
Sophie est de celles qui restent. Sophie est de celles qui luttent, de celles qui se battent, de celles qui veulent vraiment.
De celles qui, quand elles aiment, aiment profondément.
C'est là notre différence, je crois. Sur moi glissent les choses, mon ombre se fait légère, je ne fais que passer, comme un voile de nuage sur la terre, éphémère. Je suis une mousseline, un étrange
stratus. Une âme sibylline, qui croise son mystère dans les ombres des autres, sans trouver sa lumière.
Quitter les mots de Sophie, un moment.
Leur lumière m'aveugle, et le printemps bouscule cet hiver de coton et de blanc. Qu'aura-t-elle vécu, cette fois, sur l'adret ? Que fera-t-elle des premières jonquilles ?
Les sommets de sa fuite semblent l'élever sans cesse vers l'azur qui l'attire. A prendre de la hauteur son manque
s'épaissit, et son désir s'étoffe.
Tantôt léger, oxygéné, tantôt plombé, bien loin de
disparaître.
Se défaire des choses et oublier les gens.
Se dire un jour,
qu'attendre ne suffit pas.
Oser briser les chaînes, et larguer les amarres, oser rompre le charme des bourgeons qui éclosent, quitter la salle
avant la fin du film. Mais l'espoir n'est-il pas fait de çà ? Quand on a tout, on attend rien.
Ou plus grand chose, du superflu, de l'artifice, et du lipstick pour lèvres tristes et désabusées.
Vivre sans fards, alors... Mais vivre encore. Et donner à l'attente un corps.
Se montrer nue, vierge et blanche, comme une page, qui attendrait les mots d'un ciseleur de verbes, se laisser modeler sous les doigts d'un sculpteur habile ou débutant, prendre forme, et couleur
comme une toile cherchant les aplats aquarellés et les caresses mouillées des pinceaux.
Sophie est
là. Toute de sensualité peu à peu révélée, et toutes ailes déployées, dans les parfums des libertés secrètes et neuves, sous la plume d'un ange dont elle s'obstine à taire le visage et le
nom.
Habiller chaque instant de tout ce qui est beau.
Sophie est là. Sous le voile diaphane, femme fleur dévoilée, pétales de couleur, offerte aux ailes étranges d'un
papillon de nuit. Cette nuit là, est forte et cruelle sans doute, qui vole à son étreinte son colosse de Pierre, en lui offrant l'image de son rêve éveillé, cet autre, étrangement absent et
tellement présent. Cet autre qui est entré dans sa vie, et ne semble plus vouloir la quitter. Cet autre, ce prince, a-t-elle écrit, qui fait ses nuits plus blanches. Qui fait la neige douce, et les
jambes en coton. Qui remplit chaque instant du souffle de son nom. De sa voix qui la hante, jusque dans les chansons.
Je ne lis plus.
Je ne dors pas. J'écoute. Je remplis mon silence de musique et de mots, le vide s'évanouit.
"Merci Sophie ! "
"Then as the shadows disappear...he smiles at me and I know he's watching..."
Je ne vis pas je doute. Il est parti. La nuit depuis est tellement longue.
"Douter de quoi...? S'il est parti c'est de ta faute, non ?"
C'est vrai, je l'ai bien cherché.
"Mais si je doute, je vis ?
Peut-être alors... après les ombres..."
Je songe. Mais je ne rêve pas.
Il n'y a que le soleil de Julie pour réchauffer ma vie, ma Julie, le voit-elle parfois ?
Elle ne me dira pas.
" Faut pas rêver..."
Et les ombres s'accrochent aux murs de la maison, fantômes et nuages surgissant du passé.
"The love that I can feel is the love he left behind..."
Et si...derrière les ombres, et après les nuages... et si... un jour...
J'y penserai demain.
Par Frédérique L.R
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Lundi 2 mars 2009
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16:24
Je glisse sur sa vie, comme on enfile un bas. Pas trop vite. Je remonte le fil, le tissage léger. Un voile sur ma
peau, une couleur nouvelle. Et mes yeux en lisant déchirent le silence.
Un doux chuchotement murmure à mes oreilles, une piste nouvelle, une voie est tracée.
Où me mènera-t-elle ?
Sa vie fait des méandres, suit le cours de la Seine, des boucles, des tortillons et tous les fils s'emmêlent.
Et ces microsillons qui labourent mon coeur.
Le cadeau de Sophie ne me quitte plus, du salon à la voiture, de la voiture au salon. Je l'ai glissé encore dans la fente sacrée. Saxo, piano..." My heart is beating so..."
Elle a du
sentir le vide et le vertige....et me voilà comblée. De l'amour en boucle pour combler les absences. Et les mains du pianiste...
J'aurais du le garder.
Ce jour-là... j'ai glissé.
" Ce jour-là et tant d'autres encore !!! Pas la peine d'y penser, les jeux sont faits Claire, laisse tes larmes couler..."
Ouvrir le cahier bleu, suivre ses traces et disparaitre. Un moment.
.........Demain je pars, souffler d'un autre souffle, plus haut, plus loin.
Prendre de la hauteur, éviter de sombrer, regarder la vallée et se laisser glisser, les yeux fermés, ne plus penser.
La neige est douce et crie tout doucement sous les planches légères.
Comment résister à l'envie, glisser, glisser encore et se laisser griser. Du plaisir au sommet.
J'ai choisi des images pour vous les envoyer. J'ai écrit des messages mais je vais les garder.
Je me soule de l'air et du bleu, presque indigo, insolent, au-dessus des sapins, je me soule et l'ivresse me rapproche de vous. Grisée. Comment résister à l'envie de vous faire partager le plaisir
de la glisse, chuchotement divin, et les bulles de ouate...J'écris des mots de vie, des mots d'envie.
Partager ce plaisir...La neige douce et blanche.
Lettre morte.
Les planches de bois brut, légèrement blanchies, dans la chambre magique, de l'ardoise à mes pieds qui dessinent des ronds, des pleins et des déliés... un prénom, invisible, effacé... L'ange, ses
ailes déployées. Envolé.
Rideaux de feutre et lumière dorée. Sur la table une lampe de métal et de lin.
Je suis bien, lovée dans les carreaux du plaid de laine douce. Le soir en demi-teinte chante sa douce plainte. Dehors le monde est blanc, mais plus pour très longtemps. Le soleil a glissé et lèche
les montagnes, la neige colorée dans le noir va couler, quand le ciel de rose et d'orangé, veiné de mauve, de gris, de rouge accrochera les étoiles dans une nuit glacée.
Fermer les yeux.
Et le plaid a glissé. Les ardoises bleutées.
Le corps de Pierre. Doucement attirée. Rejoindre sa chaleur, sa fourrure, et se laisser aller.
C'est l'amour dans ses yeux qui glisse sur ma peau. Ses mains qui reconnaissent les traces du bonheur. Microsillons, langueur. En boucle il va jouer. Il connait la chanson et je chante avec lui.
Nos corps au diapason.
Mais voilà le poison, la cigüe. Une note, aigüe. Fermer les yeux et se laisser griser, la pente se fait lente. Son souffle dans mon souffle, ralenti et vertigineux pourtant, l'amour à cent pour
cent.
Mais ce sang. Mais mon coeur.
Vole ailleurs. Indécence des sens. Je descends, contre son corps à lui, contre la peau de l'ange, et me laisse glisser.
Capturer son essence. Une larme a glissé sur ma joue enflammée, dans la lumière moite, et sur sa peau dorée...C'est le corps de mon ange que je viens d'épouser. Fermer les yeux pour mieux le
regarder. Glisser, et glisser encore. Sombrer.
La nuit est bleu marine, il neige des plumes blanches.
Par Frédérique L.R
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Mercredi 18 février 2009
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18:47
.........Et dans le ciel si bleu, un souffle si léger. Hier.
Le ciel est toujours bleu quelque part. Mais hier ... C'est le bleu de ses yeux qui avait peint la toile. Un bleu unique.
" Any time my little world seems blue"...
Et j'avais mal. Mal du silence. Mal de me taire.
Me noyer dans le blues, et les notes plaintives.
"All you have to do is touch my hand...
to show me that you understand...", écouter ce piano, et la voix de velours... encore, et encore en boucle, tanguer et puis mourir. Overdose de boucles. Caresser ses cheveux.
En un geste sensuel et pourtant maternel.
J'avais juré, ne plus jamais pleurer. Ne pas souffrir, ne pas vouloir, ne pas rêver, ne pas y croire. Ecrire. Ecrire encore, et l'encre serait mes larmes, bleues.
" There's so much I wanna say...", et j'écoute jusqu'à m'étourdir. Mes mots sont bleus sur le papier, le blues, profond.
Si fort, que ma promesse prend l'eau, je pleure... et cela fait tellement de bien.
Le soleil brûle, j'ai mal de vous. Et je remplis mes jours de cette musique qui danse, de ces notes qui disent mes bleus, comme je les ressens, exactement.
Ce sentiment de tendresse, ce monde beau et ce quelque chose de merveilleux, cet indicible bonheur de vous savoir quelque part dans l'espace, de sentir vos ailes et de voler vers vous,
peut-être.
Je ne sais pas ce qui m'arrive, "some kind of wonderful..."
Le soleil brûle dans le soir qui s'annonce, encore un jour, encore une nuit et demain...
Vous êtes là et ne le savez pas.
Je suis là, et tellement ailleurs. Partir ... Quitter vos ailes et reprendre ma route. Mon chemin. Ma vie. Courir loin de vous. Prendre de la hauteur. Trouver de l'oxygène et mettre un peu de rouge
dans mes veines bleuies.
Demain, je pars, vers les cîmes enneigées, cacher sous les sapins, ce chagrin importun.
Demain je pars oublier votre voix, et chercher dans les traces un sentier de lumière.
Les jonquilles ont grandi, les tendres perce-neige font un tapis tout blanc...Une chouette, tout à l'heure a traversé le jardin, plumes blanches...
"O temps suspend ton vol..." Est-ce un signe de l'ange ?
Un signe d'affection, une lueur d'espoir ?
Mélancolie...
Demain je pars...
Ne plus penser à vous.
Le rose de vos joues.
La blancheur de mes nuits.
Demain je pars.
"The right words just don't come come my way..."
" Ma Claire,
Merci. Tu es telle que je te sais. Nous partons demain. Quartiers d'hiver et flocons de coton... il faut que je respire. Ecoute çà... Sinon, il manquerait une couleur au tableau...
Je t'embrasse,
Sophie"
Un ruban rouge sang et du papier de soie, un CD... Peter C.
Je l'ai glissé dans la fente du lecteur, il joue sans s'arrêter.
L'addiction. L'amour passion.
" Ah Sophie que c'est bon !"
Par Frédérique L.R
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Mercredi 18 février 2009
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/2009
13:56
........Et le temps coule comme la Seine. Je l'aime. Enfin, je ne sais pas. C'est si nouveau, si beau. Est-ce
l'amour ou l'idée de l'amour ? Une idée qui a fait son chemin, qui a tracé sa voie, dans les espaces libres. D'abord dans ma tête. Et puis, tout doucement au plus profond. Là où naissent les
fulgurances. Et parfois les souffrances. Le blues, les bleus au coeur, la musique soul. L'idée de lui, de son souffle, de sa voix. L'idée de ses bras. L'idée
de moi, là. Une idée forte, une idée folle. Une idée de secours, pour mon âme en déroute. Une bouée
pour les moments de doute.
Et le doute était là, le premier jour. La rencontre. Le moment clé. Et le temps court, hier, demain, je me souviens,
encore. Le temps me soule. La Seine coule.
Paris, moi de mai, milieu d'après-midi.
Lourde porte.
Sonner, pousser la porte bleue ou verte, qu'importe, entrer.
Pénombre.
Chercher l'étage, et puis le hall, derrière, verrière.
Monter.
Velours sous mes bijoux, rouge, un festival de rouge, comme une écharpe, élégante envolée sous mes pas qui hésitent.
Et sous mes paupières à demi closes, apprivoisant les lieux, la lumière moins crue, le cinéma de mes pensées.
Le présent, le passé, le futur mélangés, confondus, enchaînés.
Par où commencer ?
Ne pas avoir peur. Et le sang, rouge, qui bat fort dans mes veines. Mon coeur. Mes joues. Ce n'est
rien.
Je voulais des réponses. Ne plus avoir peur. Y voir clair.
Allô, Sophie, c'est Claire !
Bonjour tu vas bien ?
Bonjour, Miss Cachotteries !
Tu y vas fort dis-donc...
Vrai ou pas vrai ?
Vrai, excuse-moi, je t'ai un peu largué le bébé...
........
Mais je n'ai pas envie de parler de çà. Plus tard peut-être. Dans quelque temps. Il faut que je digère, ou plutôt que j'assimile.
C'est si dur que çà ?
Dur, non, ce n'est pas le mot. Difficile, encore. Tu as tout lu ?
Non... A dire vrai, je lis et je relis, j'ai du mal à avancer, j'ai parfois l'impression de violer un secret. Je me dis que si tu ne m'en as jamais parlé, c'est que c'est quelque chose de
spécial... un truc à part... On se connait depuis longtemps maintenant, et je sens comme une ombre...
Mais toi aussi tu as des ombres, des crépuscules sombres. De toi je ne sais ...
Peut-être que mes ombres à moi, sont plus lourdes que les tiennes.
Peut-être...Bon, on arrête, çà ne t'ennuie pas ?
Mais non, Sophie, je respecte, simplement je suis perplexe, tu me confies ce truc, j'en fais quoi ?
Lis. C'est tout. On verra.
Ok, et Pierre, çà va ?
Pleine forme, c'est pas comme moi. Je me sens lourde.
Et ce marathon, vous le faites ou pas ?
Je ne suis plus très sure d'en avoir envie. On pourrait fêter mes cinquante ans autrement qu'en courant...
Oui mais New York tout de même !
C'est vrai New York... traverser le pont..., ce serait aussi bien sans dossard !
Tu as changé Sophie.
Non, ce sont les temps qui changent... on se voit bientôt ?
Quand tu veux, un thé ?
Ok, un thé, un "American Breakfast" ! si çà ne te dérange pas... et du jazz !!!
"What a difference a day made
twenty-four little hours
but the sun and the flowers
where there used to be rain...
...and the difference is you..."
Je monte le son. J'adore cette chanson, et ce Jamie... Un cadeau de Sophie. Tellement elle au fond, sage et jazz. Un peu blues aussi.
"My yesterday was blue day..."
Par Frédérique L.R
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Lundi 16 février 2009
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/2009
17:06
Et la maison s'est endormie. Sur la table un thé refroidi. Quelle heure est-il ? Dans les mots de Sophie, je me suis
fondue, comme la neige dehors qui n'aura pas tenu, s'est fondue dans les gris jaunes du jardin. Combien de temps suis-je restée, abandonnée aux frissons ? Une photo a glissé de ma main. Vieille
photo. Des larmes glissent, silencieuses, sur mes joues et suivent les sillons que la peine a creusé.
La lune a changé de place. Une heure, peut-être deux, et des
images, qui passent comme des nuages devant sa lumière blonde. Toucher ses cheveux, caresser ses boucles dorées. Je repose la photo, dans le carnet ouvert, et je m'enivre de ses yeux. Dormir, ne
plus penser. Sombrer. Chercher le noir de la chambre. Trouver de la chaleur dans ce grand lit trop froid. Sans forces, je m'étends, et la nuit m'enveloppe dans ses heures profondes.
Raphaël ? C'est toi ? Qu'est-ce qui se passe ? T'as vu l'heure ?
Eh ben quoi quelle heure il est ?
Deux heures ! Du mat ! T'exagères, je travaille demain.
J'avais envie de te parler.
T'as des soucis ?
Non, pas vraiment tout va bien au cabinet... euh, tu me manques...
Je te trouve bizarre, tu es sûr que tout va bien ?
Mais oui, rendors-toi tu as raison il est tard, on se rappelle.
Toi aussi tu me manques, bonne nuit....
Bonne nuit, Julie.
.........Le sommeil est un voyage. Une succession de trains. Ne pas rater la correspondance. Rêves de voyage. Voyages de rêve. Une vie à côté, dans la marge, des histoires qui s'écrivent avec une
autre plume, sous la lune. Il est entré dans mes nuits. Et c'est là, vraiment qu'il est entré dans ma vie. Autrement. Etonnament présent. De lui, je n'ai pas de photo. Mais dans mes rêves, il est
là, presque vrai. Je ne l'ai vu que deux fois. Et la deuxième fois, je l'ai tellement regardé, comme une dernière fois, comme pour graver dans le moindre recoin de ma mémoire, ses cheveux coupés,
j'ai bu son regard bleu, pour le voir briller sous mes paupières closes, quand un instant je ferme les yeux. Je l'ai bu. Je m'en suis enivrée. Ce n'était pas que le vin.
Ne plus penser, ne plus rêver, oublier. Il est entré dans mes nuits. Je dors avec lui... Pourquoi ? Mon corps me parle, mon coeur raisonne, mon âme sombre... l'inconnu. Insondable voyage, où les
bruits de mon coeur résonnent d'un chant nouveau, comme un tube, qui se retient trop bien. Et je retiens son image, je fais durer les rêves, je poursuis le voyage vers le matin. Et dans la pénombre
les yeux de Pierre. Il me sourie. Je l'aime.
Cinq heures...Rendors-toi, Claire !
J'ai loupé la correspondance. Les photos, pas le soir...et me voilà perdue dans les rêves de Sophie. Caresser ses boucles blondes. Et sourire à ses
yeux d'enfant. Encore...
Ne plus penser, ne plus rêver, oublier... je ne crois pas que tu sois meilleure que moi à ce jeu là, Sophie !
Par Frédérique L.R
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Publié dans : écriture et poésie
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