Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /2009 18:12
J'ai fermé les yeux et la neige a repris sa valse lente dans les heures qui prenaient peu à peu les couleurs de la nuit. Et pour observer le vol des flocons abandonnés, je me fis un cocon de chaleur, enroulée dans le moelleux du plaid, au creux du canapé.
C'est vrai. Il me manque.
Mais je ne dirai rien.
Pour çà les mots me manquent. C'est mon histoire, elle m'appartient. Vivre celle de Sophie, remue dans mes silences sa voix et son absence.
Mais je ne dirai rien.
Je garde mes images, et leur douce légende.
Un long moment passa. Et le noir se fit plus noir. Voir encore les pétales, lancés du haut du ciel...
J'allumai la lanterne du jardin et la magie continua de captiver mes yeux perdus dans les étoiles blanches.
J'attendrai les tulipes.
A voix haute, je répétai la dernière phrase du court passage qui me semblait détenir une clé. La clé ?
Alors j'ouvris à nouveau le petit cahier bleu et je lus, pour la énième fois.
...Inconsciemment se construire une histoire.
Inconsciemment tricoter avec le fil des songes et les aiguilles du temps, un habit de lumière. Les plumes de l'ange volent, et se posent , ici ou là, au hasard des heures et des jours. Et sont parfois si lourdes. Ne plus penser, ne plus rêver.
Oublier.
Je veux bien essayer. J'écris encore. Le temps passe. Rien. Le vide du temps, et le printemps qui court.
La saison des amours dans la saison des fleurs. Une tendre violette fait une tache mauve près du portail. Je me reconnais là, moi Sophie M., dans cet amour caché.
J'attendrai les tulipes.

Sophie aime. Mais qui ?
Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /2009 10:11
Y voir clair dans ce ciel gris, me semble une fameuse gageure.
Ah, Sophie, tu aurais pu me donner tout ça, au milieu de l'été !
Je me serais abandonnée à ses obscurités à l'ombre douce des feuilles du tilleul, lire et relire pour comprendre et laisser le temps s'écouler dans la quiétude des heures moites de l'auguste saison.
Les mots de Sophie s'étalent comme un journal, sous mes yeux, sur la table désertée... reste un peu de thé au fond de ma tasse et les effluves maltées du pain toasté tout à l'heure. Je me suis finalement décidée pour la cuisine et la chaleur du feu de bois qui crépite et qui danse. J'ai un peu froid. Tiens il neige... Le ciel a convoqué un de ces mystères magiques, des pétales en hiver, tombés de fleurs invisibles dans un souffle feutré ou nait un grand silence apaisant, enveloppant. Manteau de neige. Douceur immense.
Finalement, merci Sophie, c'est beau...
Journal étrange. Aucune date. Et ces lignes que je viens de lire et qui ne m'éclairent pas. Ou si peu. Sophie est amoureuse. Peut-être. Ou alors c'est une histoire qu'elle a imaginée. Je relis.
Mais pas tout de suite. Cette jolie neige mérite une pause. Je vais rêver dans les pétales, perdre mes yeux dans leur danse si lente. L'hiver est lent cette année. Une valse lente, une valse hésitation, je l'appelle. Non. J'attends...
Ma tasse est vide, il ne neige plus. Et dehors le silence laisse un espace au chant des mésanges.Je guette derrière les vieux carreaux, constellés de bulles, leurs plumes bleues.Mes anges à moi.
Et puis je reviens vers la table, ravie de ce spectacle, qu'elles n'ont joué que pour moi.
Les mots de Sophie me rappellent, je suis leur ligne fluide, le gris du crayon, sans ratures.
Elle a écrit d'un trait.
Et moi je lis d'un trait encore, avant de m'attarder. J'attendrai les tulipes.
C'est la dernière phrase de cette courte page.
Il ne neige plus. Il me manque. Mais qu'est-ce que je raconte ?




Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /2009 16:19
Inconsciemment.
Comme si, au fil du temps, mais combien de temps, quelquechose avait pris forme, mais où ?
Sophie, elle s'appelle Sophie, vous l'avais-je dit ? Pardon pour cet oubli.
Parfois, je ne sais plus, si c'est elle ou bien moi...elle m'a raconté tellement de choses, à  moi qui ne vis rien d'exaltant, que j'ai un peu tendance à me prendre pour elle... Ses mots, m'intriguent et me taraudent.
Sophie c'est la vie, et moi je suis une ombre. Il faut dire qu'elle est belle Sophie, et le temps semble être son ami...alors que moi...
C'est peut-être pour cela, qu'elle m'a choisie. Elle sait que je ne juge pas. Que je ne suis pas jalouse.
Une heure avec Sophie et la bonne humeur fait son lit dans les draps les plus tristes.
Elle m'a laissé l'autre jour, un cahier bleu, dans lequel elle a noté des impressions, qu'elle écrit toujours au soleil levant, regrettant que sa chambre ne donne pas à l'est.
Allergique à la plume, elle écrit dans son lit...calée au milieu d'oreillers suédois,  un thé qui refroidit, à portée de sa main.
Les premières pages que vous avez lues, étaient là, tracées de son écriture fine au crayon HB. Elle écrit comme on dessine. Ses mots sont parfois des tableaux.
Je crois qu'elle aurait aimé être plus douée avec ses pinceaux.
Dans un autre cahier, dont elle m'a parlé sont rangés des poèmes, et des phrases courtes, poétiques, sortes de haikus, sur le temps qu'il fait, au jour le jour.
Mais je me demande comment elle fait, elle court partout, tout le temps...
Enfin, elle m'a laissé ce cahier, je l'ai ouvert, sur la pointe des pieds...
C'était assez étrange d'entrer ainsi dans sa vie. Moi, je ne pourrais pas faire çà.
Je suis plus timide, je ne sais pas parler de moi. Je n'aime pas.
Pour moi Sophie, c'est la sagesse faite femme, toute de raison, depuis ses sept ans au moins.
Une fois la passion de l'instant dépassée, elle s'était promise quelques années auparavant de ne plus se laisser porter par des rêves insensés.
Elle avait dit non aux coups de coeur, aux coups de folie, et aux tourments qui ne manquaient pas d'en découler.
Les affolements d'un coeur adolescent, lui paraissaient bien futiles.
Un temps pour tout.
Et puis, elle avait dit non aux larmes versées sur les hommes.
Rien ne valait à ses yeux que l'on se noie dans des larmes amères.
Si ce n'était la perte définitive de l'être aimé, définitive et radicale. La mort.
Pour celà même elle se disait, il faudrait bien surmonter, comment, elle ne savait pas.
Le sait-on jamais ?
Surmonter, et continuer à vivre, pour l'autre, et pour le soleil qui chaque jour continuerait sa course dans le bleu du ciel, pour la lune orange sur la mer, pour les roses, leurs épines et leur parfum changeant, pour le bruit du vent dans les feuilles, et mille autres belles choses qui rendent belle la vie, à qui sait ouvrir l'oeil.
De rares visions, rares parcequ'elles correspondaient à chaque fois à un tournant de son existence pourtant bien remplie, avaient perturbé son équilibre, sans le bouleverser.
C'était ainsi, sage Sophie, pas un faux pas, pas une danse, pas un chacha, pas un tango...
Et, après tout, quand on ne s'ennuie pas, qu'on est heureux, que les jours coulent une belle lumière, pourquoi se chercher dans l'ailleurs ?
Pourquoi se compliquer la vie avec des histoires impossibles, des rendez-vous secrets? Le romanesque des hôtels de charme, très peu pour elle.
Mais la vie est taquine et les filles attentives à leur pouvoir.
Ainsi, devenir mère, et cesser d'être une jeune fille au ventre plat, aux jambes sveltes, jamais fatiguée, dormant d'un vrai sommeil que ne trouble aucune inquiétude maternelle, s'impose inconsciemment comme une question de permanence de la séduction.
"Suis-je encore belle ? Suis-je encore désirable ?"
Et pour peu que les maternités se succèdent, la question se pose à chaque fois lourde d'un sens nouveau.
Les années passent, et le corps change, imperceptiblement ou visiblement.
Et Sophie, toute sage qu'elle est, est vivante.
Sophie, aime la vie, elle a des yeux, très beaux d'ailleurs, d'un gris des bords de mer, et elle s'en sert.
Ainsi, elle a croisé des regards, au hasard.
Ainsi, elle a fait des rencontres.
Une femme...reste une femme, et Sophie l'est jusqu'au bout des pieds... attirante.
Parfois elle s'est s'enflammée, quand les yeux d'un autre avaient été plus aventureux.
Quand les mains avaient parlé plus que les mots, tremblant d'une chaleur douce et caressante.
Quand le silence suffisait.
Attirance.
Vous revoir.
Rendez-vous.
Un verre.
Par jeu.
Mais du désir, jamais. C'est ce qu'elle m'a toujours assuré.
Son corps était comblé. D'ailleurs, elle transpire le bonheur et le sexe accompli.
Elle aime, et elle est aimée. Inconsciemment, chaque fois, elle cherchait juste une confirmation. Une réponse à sa question.
"Suis-je belle encore?
Lui il m'aime, je le sais...il me le dit, et je le sens.
Mais les autres ?"
Et finalement, ils étaient trois ou quatre, qui avaient retenu son attention.
C'est tout. Et le jeu s'arrêtait vite. On ne joue pas avec le feu.
Sophie est amoureuse, et fidèle.
Point.
La légèreté du coeur, n'est pas son fort, quant à celle du corps...
Elle la garde précieusement pour celui qui partage sa vie.
Avec bonheur et imagination...
Et de l'imagination, elle en a, beaucoup, en tout et même au lit ...
Sage Sophie...Elle a l'amour heureux et gai.
Sa vie est bien rangée, sa tête aussi. Sophie est forte et naïve, d'une certaine façon aussi.
Elle se croyait à l'abri, jusqu'à ces temps derniers.
Mais là elle ne se comprend plus.
Nos confidences de filles sont là. Moi qui ne dis rien sur moi, et elle qui me raconte.
J'aime bien. Je rêve. Rarement je me dis, "Et si c'était moi?"
A quoi bon, je n'ai pas son éclat. Mais là, c'est étrange, elle brille d'un soleil, que je n'ai jamais vu. Si seulement j'en recevais quelques éclaboussures...
Je crois que c'est pour faire le vide, pour faire le point qu'elle s'est délestée auprès de moi de son petit cahier bleu.
J'ai l'impression qu'elle cherche un regard extérieur.
Et ce regard, c'est moi.
Je m'appelle Claire.


Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /2009 17:48
Attendre une réponse venue du ciel.
Une idée de fille, sans doute un peu naïve. Une idée de femme, rêveuse, qui cherche dans l'ailleurs et la profondeur de l'azur son moi le plus intérieur. Parce qu'à chaque étape de sa vie, elle s'interroge et se sonde.
D'abord dans le reflet que lui renvoie son miroir, mais ce que lui renvoie ce rectangle posé, n'est peut-être que mensonges.
Qu'une interprétation de la vérité. Une vision subjective qui varie selon les heures, les jours et l'humeur ou son sens de l'humour.
Bientôt,pourtant, elle cherche son reflet dans tous les miroirs où vit son image déformée, une vitre, un rétroviseur, une cuillère, un lac, les rides d'une flaque.
Inconsciemment, c'est le regard de l'autre qu'elle attend.
Celui de l'être aimé d'abord. Alors elle guette, son oeil et ses mots. Elle espère qu'il va s'attarder sur elle, sur ses yeux et sa bouche, ses épaules, son dos. Elle crie en silence son attente et le besoin de ça.
Le séduire encore. Lui plaire, toujours, quand le jour nouveau, dans la pénombre, éclaire son visage. Quand elle rit. Quand elle lit. Quand elle danse. Quand elle l'aime. Lui donner l'envie d'elle, de la fusion charnelle.Vivre, et chavirer encore. Se jouer du temps qui passe et change notre peau, se jouer des heures courtes.
Et reculer la fin.
Comme elle s'y prend bien, elle a l'heur de lui plaire.
Et pourrait simplement se dire que tout est bien. Et puis se satisfaire, de ses yeux, de ses mains, de leurs jeux, du matin, intact. Encore.
Mais comme le temps passe et que son mal à elle, est plus sournois, quoiqu'elle y fasse, elle finit sans comprendre tout à fait, sans même s'en rendre compte, par rêver d'autre chose. Inconsciemment.
Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /2009 17:01
Attendre…
Je suis l'attente. La patience, et le silence.
L'espoir.
Je cultive le calme, comme on prend soin des fleurs. Et je cueille le jour, comme on cueille une rose, je m'en saisis délicatement,  et oubliant les épines, j'en respire les nuances. Je bois le bleu du ciel et l'ombre apaisante. Je me nourris du silence des branches, qu'aucun zéphir n'agite. Et les heures s'écoulent au rythme des merveilles du monde qui palpite.
L'attente est belle, faite de rêveries, peuplée de mots magiques, et d'images.
L'attente est riche, de ce que l'on achète pas.
Attendre un mot, attendre  un signe, attendre un regard.
Attendre des pas, une main, une voix. Attendre et espérer.
Attendre comme on attend un enfant, comme on attend le printemps, et porter dans son ventre les douleurs d'un bonheur, imaginé.
L'attente est magique et nous emporte.
L'attente fourmille, l'attente grouille. Microcosmos des sentiments.
Sur l'herbe courbée, je suis, les points noirs de la coccinelle qui bientôt va retrouver l'azur, ses ailes déployées. Et je vole à sa suite, ne laissant dans les airs que le parfum de ma fuite.
Je marche dans les blés qui ondulent, je cours sur les chemins. Je fais miens le temps et puis l'espace. Je me remplis de vie. Je les remplis de vie.
Je voyage et pose mes bagages dans les herbes sauvages. Je glisse sur l'onde du fleuve, paisible, vers le port et l'attache, cherchant un nouveau monde.
L'attente est belle, mais l'attente est cruelle.
Elle vide nos regards, qui doucement se perdent dans un gouffre de songes.
L'attente est vide.
Et nos yeux embués sur l'océan s'égarent qui emporte avec lui les verts, les bleus, les gris, et l'horizon avale, vertigineuses, les rames de nos rêveries. Les vagues de mon âme roulent sur les galets, puis s'échouent sur le sable… et dans la lumière des peintres, se dessine à nouveau l'espoir.
Douce torture. Elle blanchit nos nuits, agitées et humides, inventant des lumières, quand là, plus rien ne luit, quand la lune déserte le ciel pour un autre horizon. Sur les vertèbres, un frémissement, un frisson, une caresse qu'aucun doigt ne dirige. Au creux du ventre comme une plainte, lente.
Attendre dans la nuit, quand le sommeil nous fuit. L'attente est noire.
Masochiste poison, elle coule dans nos veines. Alors, sombrer, toucher le fond, chavirer, dans les méandres d'un sentiment puissant.
Et le prince surgit, sans visage et sans nom, venu de nulle part, d'un ailleurs invisible, intérieur. Porteur d'une nouvelle. Le désir, ou l'idée du désir.
Vivre et déposer les larmes, quand le matin renaît.
Croire encore au soleil et attendre…
Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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Je suis née au Mexique, ou plutôt à la frontière italienne, dans le chant des lavandes,ou sur un tapis d'édelweiss. Et j'ai toujours connu le parfum fou des fleurs et l'ivresse des auteurs, la chaleur et la neige,les odeurs de provence,l'huile,les fruits,le thé,le vin,le vent...et la musique.Mon premier rock, c'est ma rivière, mes rolling stones dans ma vallée.
J'ai les yeux couleurs Ubaye, et la fougue de ses eaux,
le calme clair de ses montagnes, la douceur vive de mon berceau d'hiver.Je suis une fille des montagnes, réfugiée dans un pays plat, qui court au milieu des bois, et rêve dans les eaux calmes d'un fleuve roi.


Musiques au coeur


Les indispensables
...
parmi tant et tant
je les ajouterai
au fil du temps











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