Mercredi 11 février 2009
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10:30
...........Et les bruits de mon coeur remplissent le silence.
Mon coeur d'amour trop lourd
s'égare,
de l'aube au petit jour,
je pars...
On s'est vus l'autre jour. Et ce jour-là est long, gravé dans ma mémoire. Un déjeuner. Du vin. Des mots. Des moments partagés. Et ma tête qui tourne. Après. Dans la ville qui grouille, dans le
bruit de la foule.
Ce n'était pas prévu. On s'est vus l'autre jour, et ce jour là fut court. Quelques heures avec lui, dans les rues de Paris.
Et plus tard, loin des vagues et des quais, la lune était sauvage, et pleine, au-dessus de la route. Ronde, claire dans un ciel noir de suie. Si proche, on pouvait la toucher à l'horizon tout
bas.
Une lune d'amour pour tous les Valentins. Je roulai en silence, en ne pensant qu'à lui.
Paris, moi de mai. Il faisait chaud et j'écoutais mon coeur.
Je me souviens. Les bruits de mon coeur, alors, avaient un autre rythme, battaient d'un autre son...
C'est une histoire de coeur. Cette Sophie, elle m'étonnera toujours.
C'est vrai, je croyais Sophie à l'abri du tumulte. Le petit cahier bleu délivrait peu à peu à mon regard timide, la mémoire de Sophie, tracée au crayon gris. Par bribes. Parler de tout, de rien, me
semble dérisoire. Je sais. Et facile. Raconter son histoire...
Sophie comment fais-tu ?
Raconter son histoire c'est puiser dans ses tripes. Ca fait mal. Est-ce une délivrance qu'on cherche dans les mots, et ces mots-là sont-ils le véritable écho de nos silences ? Assourdissants,
gardés, baillonnés, étouffés au-dedans.
........Depuis la lune ronde, rien ou si peu. Un petit mot de lui. Merci. Des signes en transparence. La plume de mon ange.
J'écoute le silence de la maison tranquille, le soleil entre à flots et baigne les feuilles blanches. J'écris. Je me souviens en mélange, d'hier et bien plus loin. Paris est mon mirage, les vapeurs
de la Seine dansent devant mes yeux. Une larme est tombée sur le bleu de mes lettres, des étoiles en sont nées, noyant les mots que je venais d'écrire.
Et je froisse la feuille, pour écrire à nouveau.
"On the moon, that's where you find me soon"... Il comprendra. Peut-être. Ou peut-être pas. La musique a rempli le silence. Le souffle de sa voix me remplit et me comble. C'est le sentiment
nouveau. C'est l'envie de sa peau.
Les ailes du désir, nées des plumes de l'ange.
Sophie tu me fais voler...
Par Frédérique L.R
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Mardi 10 février 2009
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/2009
17:46
..........Te prendre par la main
C'est une chose douce
Te prendre par la main
T'emmener vers demain,
Une promesse, comme un espoir,
Paris.
Mois de mai.
Je ne le savais pas, mais c'est là que tout commencerait.
Y a-t-il un hasard ? Ou les choses sont elles écrites ?
Forçons-nous le destin, ouvrons-nous les bonnes portes ?
Au bistrot en bas, l'eau était fraîche, mais déjà bouche sèche, il faudrait pousser la porte.
S'assoir. Attendre. Attendre sous le plafond haut qui tombe, parce que l'attente est lourde.
Les meubles pâles. Se concentrer. Respirer. Un instant. Long. Interminable.
Je me souviens, et je retrace ce souvenir.
C'était il y a longtemps déjà. Le ciel était d'un bleu de porcelaine. Une brise légère soulevait doucement le voile du petit haut que je portais ce jour là, au rythme calme de mes pas.
La peau dévoilée en secret entre les liens qui se nouent patiemment, et faits pour être dénoués par une main que l'attente ne rebute pas. Un cadeau ou la promesse d'un cadeau.
Sait-on toujours ce que les heures bleues, du pâle au bleu marine, peuvent nous réserver.
Je me souviens. J'ai marché sur les quais inquiète. Rêveuse. Optimiste. J'ai marché dans les rues plus fraîches. Fataliste.
Que c'est bruyant un coeur qui bat d'une attente qu'il ne reconnait pas.
Par Frédérique L.R
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Lundi 9 février 2009
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17:55
Sophie.
Amoureuse.
J'aime ce mot, léger et lourd à la fois. Fait de bonheur et d'heures précieuses. Il devrait rimer avec heureuse. Alors pourquoi tous ces tourments ?
Heureuse, comme j'aimerais faire mien ce mot de rien.
J'ai tout raté. A vouloir vivre tout, l'indispensable je ne l'ai pas trouvé. Ou pas gardé.
Claire tu t'égares ...
Allo, Sophie, c'est Claire ! Tu vas bien ?
Bonjour, vous êtes bien chez Sophie et Pierre, vous pouvez laisser un message.
Oh, flûte ! Je me fais toujours avoir avec ce truc !
Bon, Sophie c'est Claire, je passais prendre des nouvelles des violettes et des tulipes, avec ce radoucissement...
On se rappelle ?
Quelques précisions m'auraient été bien utiles, ce serait pour un autre jour.
J'avais eu toutes les peines du monde à ouvrir le petit cahier bleu à nouveau. La neige avait accaparé mes rêves. Une semaine de blancheur scintillante, de paysages ranimés, de longues promenades
sous les arches emplumées de ouate...et ce son feutré partout...Un monde de douceur s'était révélé, inhabituel et magique. Parfait pour ma solitude.
Et mes moments de tranquillité, mais le mot est bien fort, je les utilisais à observer ce monde inattendu, rêvé. Ce blanc était un tel apaisement. Permanent. Durable. Une semaine de soleil haut
dans un ciel pur et bleu, une semaine de froid intense, vivifiant et tonique. Olympique, je me sentais olympique, ou -pienne... presque bénie des dieux...Les perce-neige ne tarderaient
plus à blanchir les sous-bois, faisant croire à quelques névés improbables. Que c'est beau l'hiver !
Mais qu'il m'est difficile de m'immiscer à nouveau dans les mots de Sophie.
Et Pierre dans tout celà ? Ce demi-dieu, cet Appollon...son éternel...
Et puis la neige avait fondu, faisant place à une gadoue infâme et salissante, pour les pieds et pour l'âme, rien de tel que le dégel pour vous mettre en déroute.
Le gris avait sali le blanc irrémédiablement, pas une goutte de pluie pour laver tout ça, pas un rayon de soleil pour sécher la glaise collante et trop amicale. Les arbres s'élançaient nus dans un
ciel bien trop bas, leur ôtant toute allure. Les sapins pleuraient, et moi aussi, des larmes sans eau.
Une pierre au creux du ventre. Une épée dans la gorge. J'ai beau le reléguer au fond de mes pensées... Il me manque. J'ai tout raté. Même ça, m'a échappé. Dans ce ciel plombé, je touchais le
plafond, et bientôt le fond.
Arrête, tu te fatigues, tu te mines...pour rien, prends le téléphone, envoie lui un mail, pense à autre chose...Secoue-toi bon sang. Tu l'as voulue ta liberté, tu l'as.
Amoureuse.
Heureuse. Tout à coup j'enviais Sophie, d'avoir ce jardin secret, de violettes et de tulipes. Cet émoi.
Mon émoi à moi, avait bien pâle figure. Une fleur fanée, oubliée, dans un jardin sec et abandonné.
Dehors, il faisait moins froid, et le soleil revint, insolent de lumière. Le givre de la nuit avait posé des pierres blanches sur les branches glacées, qui luisaient maintenant au soleil de midi.
Un beau dimanche. Assez bleu pour me plonger à nouveau dans le cahier mystérieux.
Heureuse, je le serai peut-être... par procuration...
Par Frédérique L.R
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Vendredi 6 février 2009
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/2009
18:12
J'ai fermé les yeux et la neige a repris sa valse lente dans les heures qui prenaient peu à peu les couleurs de la
nuit. Et pour observer le vol des flocons abandonnés, je me fis un cocon de chaleur, enroulée dans le moelleux du plaid, au creux du canapé.
C'est vrai. Il me manque.
Mais je ne dirai rien.
Pour çà les mots me manquent. C'est mon histoire, elle m'appartient. Vivre celle de Sophie, remue dans mes silences sa voix et son absence.
Mais je ne dirai rien.
Je garde mes images, et leur douce légende.
Un long moment passa. Et le noir se fit plus noir. Voir encore les pétales, lancés du haut du ciel...
J'allumai la lanterne du jardin et la magie continua de captiver mes yeux perdus dans les étoiles blanches.
J'attendrai les tulipes.
A voix haute, je répétai la dernière phrase du court passage qui me semblait détenir une clé. La clé ?
Alors j'ouvris à nouveau le petit cahier bleu et je lus, pour la énième fois.
...Inconsciemment se construire une histoire.
Inconsciemment tricoter avec le fil des songes et les aiguilles du temps, un habit de lumière. Les plumes de l'ange volent, et se posent , ici ou là, au hasard des heures et des jours. Et sont
parfois si lourdes. Ne plus penser, ne plus rêver.
Oublier.
Je veux bien essayer. J'écris encore. Le temps passe. Rien. Le vide du temps, et le printemps qui court.
La saison des amours dans la saison des fleurs. Une tendre violette fait une tache mauve près du portail. Je me reconnais là, moi Sophie M., dans cet amour caché.
J'attendrai les tulipes.
Sophie aime. Mais qui ?
Par Frédérique L.R
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Mercredi 4 février 2009
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/2009
10:11
Y voir clair dans ce ciel gris, me semble une fameuse gageure.
Ah, Sophie, tu aurais pu me donner tout ça, au milieu de l'été !
Je me serais abandonnée à ses obscurités à l'ombre douce des feuilles du tilleul, lire et relire pour comprendre et laisser le temps s'écouler dans la quiétude des heures moites de l'auguste
saison.
Les mots de Sophie s'étalent comme un journal, sous mes yeux, sur la table désertée... reste un peu de thé au fond de ma tasse et les effluves maltées du pain toasté tout à l'heure. Je me suis
finalement décidée pour la cuisine et la chaleur du feu de bois qui crépite et qui danse. J'ai un peu froid. Tiens il neige... Le ciel a convoqué un de ces mystères magiques, des pétales en hiver,
tombés de fleurs invisibles dans un souffle feutré ou nait un grand silence apaisant, enveloppant. Manteau de neige. Douceur immense.
Finalement, merci Sophie, c'est beau...
Journal étrange. Aucune date. Et ces lignes que je viens de lire et qui ne m'éclairent pas. Ou si peu. Sophie est amoureuse. Peut-être. Ou alors c'est une histoire qu'elle a imaginée. Je relis.
Mais pas tout de suite. Cette jolie neige mérite une pause. Je vais rêver dans les pétales, perdre mes yeux dans leur danse si lente. L'hiver est lent cette année. Une valse lente, une valse
hésitation, je l'appelle. Non. J'attends...
Ma tasse est vide, il ne neige plus. Et dehors le silence laisse un espace au chant des mésanges.Je guette derrière les vieux carreaux, constellés de bulles, leurs plumes bleues.Mes anges à
moi.
Et puis je reviens vers la table, ravie de ce spectacle, qu'elles n'ont joué que pour moi.
Les mots de Sophie me rappellent, je suis leur ligne fluide, le gris du crayon, sans ratures.
Elle a écrit d'un trait.
Et moi je lis d'un trait encore, avant de m'attarder. J'attendrai les tulipes.
C'est la dernière phrase de cette courte page.
Il ne neige plus. Il me manque. Mais qu'est-ce que je raconte ?
Par Frédérique L.R
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