Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 19:03

"Ce matin sur le toit, la huppe s'est posée, agitant sous le vent ses plumes rousses et noires, c'est l'oiseau merveilleux revenu de voyage, porte-t-il un message à l'encre de vos yeux ?".
Le soir même, je rédigeais ces quelques lignes à destination de mon prince.
Et me mis à attendre une réponse venue du ciel.
Avez-vous remarqué comme l'attente est belle ? On la remplit de tout et surtout de riens.
Au pluriel, pour mieux la combler. Alors, pour construire l'attente et la nourrir, j'ai continué d'écrire, poste restante, sur mon carnet, des mots qui ne s'envoleraient jamais, peut-être.
Oserai-je ? Ou renoncerai-je ?
Trouverai-je la force et aurai-je l'audace dans cet espace immense de voler de mes propres plumes, pour toucher du bout de mes ailes, les ailes rêvées de mon ange de papier ?
Je me mis à écrire des phrases insensées, tirées de mes pensées. Un journal du temps qui fuit, pour le garder, encore. Une trace des heures qui seraient trop vite oubliées.
Ces heures belles, au fil du temps, qu'avec lui j'aurais voulu partager.
Mes heures à moi, si loin des siennes, de mes rêves à sa réalité.
Alors attendre, se lever et boire le soleil, marcher et surprendre ses pas comme emboîtant les miens, manger et déguster son regard, dormir et fondre dans sa chaleur, l'aimer, et ne plus avoir peur, des choses rudes qui nous glacent le sang,
de la vie qui nous fuit et des lignes du temps, qui courent sur nos mains, paumes ouvertes, offertes, à demain. D'hier il ne faut rien attendre.
C'est l'instant qui nous porte, et demain qui nous appelle. C'est l'instant qui importe. Vivre vrai, vivre fort, vivre encore.
Mais garder ses mots pour soi, avait-il un sens ? Les mots ne sont-ils pas faits pour être lus ? Alors, parfois, pour ne pas souffrir de ce trop plein de choses dites à moi-même, dans le silence du crayon, je lui offrais, par les ondes sourdes de mes pensées, mes mots, comme autant de cadeaux. Il lui suffirait de tirer sur le fil et de dénouer le lien qui les baillonne, ils seraient siens. Cadeaux du temps qui passe, cadeaux du temps qui reste…
Attendre…
Et observer le ciel. Chercher dans le bleu infini, dans les gouttes de pluie, le bruit du vent sauvage, le parfum des iris, la robe des pavots, froissée, un signe, une voix, et la plume de l'ange.




Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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