Lundi 9 mars 2009
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17:20
" I love Paris..."
La musique joue dans mes oreilles sourdes. Je roule vers Paris et l'asphalte gris déroule son tapis, hier, demain, un regard en arrière, la
grille s'est fermée sur mes douces pensées et le vide des nuits sans lune. Douces amères. Pensées de mère. Et je voudrais renaître, survivre à tant d'oubli, oubli de moi, oubli de lui...mais qui a
oublié qui ?
Tous ces mots de Sophie, cette vie, nouent le cordon qui me relie à mes non-dits.
Tous ses vertiges me poussent au bord du puits.
"Voilà que tu te penches, le vide est là, profond, abyssal, voilà que tu t'épanches...Claire, c'est toi là? réveille-toi !"
Il y a un moment où nos yeux croisent notre regard, où le
miroir nous renvoie une image de nous qui n'est pas celle que nous attendons. Regarder ailleurs... Non, regarder plus loin et tacher de comprendre. Regarder au-delà du miroir, et voir dans cette
image, fixe, les images de nous, superposées au fil du temps qui passe.
Le livre. Lire le livre, et faire les comptes.
" I love paris in the spring time ...I love Paris every moment,... Why oh why do I...because my love is near", mais je n'ai pas d'amour...
J'ai oublié la vie, l'amour m'a oubliée.
"Bon, allez roule, tu fais des progrès mais c'est pas gagné!"
Cette Sophie m'épate, je croyais voir clair en elle et ce cahier bleu l'enveloppe d'un mystère brumeux, comme cette chose
étrange qui emballe Venise parfois. Tellement beau.
Tellement fort.
Quai aux fleurs dans la brume. Comme un rêve voilé la Seine coule et avec elle mes envies de parler. Comme un rêve volé, mes mots sont étranglés. De l'air, il me faudrait de l'air, un souffle, une
brise, de la hauteur, du vide, du bruit, des gens.
"Tu n'es pas prête...mais pas la peine de t'en faire tout un monde !"
Pousser la porte grise. Claire V. 3ème étage gauche.
Dans la boîte aux lettres, le quotidien fade, le journal des débits, la chronique de l'avoir, le relevé des platitudes incontournables et une lettre bleue, ornée d'un joli timbre : un "D", une
magnifique enluminure aux tons sombres, Olof von Dalin 1708-1763, Sverige, 11KR.
L'écriture de Sven. Je ne l'ai jamais oubliée.
Par Frédérique L.R
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Publié dans : écriture et poésie
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