Mercredi 11 mars 2009
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.......Percer le ciel, crever les nuages. Un nouveau son vole dans un air différent et, contre toute attente, au
creux d'un ciel gris perle, un rayon taquin et timide vient peindre sur le mur de la chambre alanguie des ombres aux teintes pâles.
La campagne transie voudrait se réveiller mais tarde à relever le défi des lumières. Enveloppée encore des rêves de la nuit... je remonte le drap, fermer les yeux encore. Me souvenir toujours, des
pistes savoureuses d'un amour incroyable, de l'éphémère image de la blancheur câline de ce corps inconnu, goûter tant de délices dans la magie sauvage des apparences crues, dans le vague
cruel de l'absence éternelle, dans le voile éthéré des fantasmes... inattendus. Violence de l'image, si vite disparue.
Je n'ai rien oublié de ce moment de grâce, impudique et menteur.
Je n'ai rien oublié de ma lente escalade vers les bruits de mon coeur...
Je me souviens...
Paris, mois de mai, milieu d'après-midi.
Monter.
Ne pas reculer.
Monter, avaler le silence jusqu'au coeur.
Baisser le son, apprivoiser le rythme.
Piano...
Monter encore, troisième étage.
Dépasser la zone rouge, poudrer la peau de rose, reprendre le dessus des sens, dessus dessous.
Trop de bruit sous le voile.
Et puis respirer, chercher dans ces minutes moites l'eau fraîche.
Oublier pour quelques marches encore, creuser le vide, puis le remplir.
Les dés en sont jetés.
Paris émois de mai, milieu d'après-midi, troisième étage.
Porte droite.
Silence.
Allô, Sophie ?
Bonjour, c'est toi ma Claire ! Tu es rentrée ?
Oui et toi aussi on dirait...
Rentrée oui, mais pas encore revenue...totalement...c'est compliqué je sais...
Ivresse de l'altitude !!!
Toi tu as lu des pages blanches !!!
On peut dire ça comme çà, blanches mais tellement colorées, en demi-teinte aussi...non ?
Tu sais, il y a des couleurs difficiles à restituer, des angles pas faciles à peindre...
Je ne savais pas pour cet enfant...
Je n'en parle jamais, mais là il le fallait, dire mes attentes et mes rêves, mes peurs et mes douleurs, c'était aussi dire çà. Enfin, avec mes mots à moi. Maintenant tu sais.
Si tu as envie d'en dire plus...
Je ne sais pas, peut-être, plus tard. Ou jamais. Tu en es où ?
Paris émois de mai...lentement, j'ai à la fois envie de boire cet alcool d'un trait et de le savourer... Savourer, c'est mieux je crois, ça me force à lire entre les lignes...
Je reconnais, je t'ai fait un cadeau étrange...
Bon, tu viens quand ? Que je fasse le plein de thé ?
La semaine prochaine, ça te va ?
Parfait, apporte ton nuancier et fais le plein d'idées, j'en ai marre du bleu pâle !
Exit Gustav ?
Non Sven...
Sven ?
Je te te raconterai...si j'y arrive, tu me connais.
Oui, spécialiste en mystère, en silences, et en regard perdu...dans les ombres...je sais !
Tu n'es pas obligée...
Jeudi ça te va ? Je n'ai pas d'enregistrement, on bloque tout sur la matinée.
Parfait, j'en profiterai pour voir des clients à qui Pierre a installé une cheminée le mois dernier...ils veulent des idées de couleurs.Du mauve tendance... Des meubles aussi je crois.
Quel genre?
Les tiens !!! Exit Gustav !
Très bon ! Arrête de te moquer ! On verra...Julie y est très attachée...
Un peu trop vieux pour elle, non ?
Rien à voir...................
J'ai dit une bêtise ?
......
A jeudi Sophie, d'accord ?
A jeudi, pour le mélange des couleurs ! Mais pas ton "thé des impressionistes"...!
Par Frédérique L.R
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Publié dans : écriture et poésie
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merci pour tes encouragements, mon roman prend forme petit à petit et occupe très largement mes pensées...@ bientôt, je file ...