Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /Mars /2009 17:01
........J'ai couru ce matin, dans la forêt tranquille, bruissant de loin en loin du seul chant des oiseaux, au rythme saccadé des blessures infligées par un pivert vorace au tronc déshabillé d'un chêne encore nu, robuste et majestueux. Attentive aux sursauts du muscle tapageur.
Mais le souffle innocent demeure.
Mes pensées vont ailleurs, vers les tourments banals de la vie quotidienne, mais mon coeur, lui, ne connaît de sentier que celui tortueux qui mène à vos côtés.
Je l'écoute et l'ausculte guettant encore inquiète je ne sais quoi de faux dans ses accords.
Du repos et du temps pour calmer ses sursauts. Voilà ce qu'il fallait.
Mais le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas.
Mais ce mois de mai en a décidé autrement. Mais pas ce mois seul, ce lui. Cet autre. A l'insu de moi. En marge de mes sens.
Ces autres mois aussi, enfilés comme des perles sur le collier des jours sans fin.
Et puis, cet autre moi, déshabillé des certitudes, et dépouillé des habitudes.
Je cherchais l'espérance du calme retrouvé, la quiétude de l'air, j'ai trouvé un bonheur et peut-être une clé.
La clé d'une autre vie.
La vie d'un autre lit.
Dans l'or du soir qui tombe, la chambre silencieuse accueille pour une fois ma plume, vos ailes d'ange, et le soleil encore fait briller le cristal.
Pur malt.
Je sais il ne faut pas. Alors, juste une fois respirer sur vos lèvres les vapeurs qui enivrent et boire dans vos mains l'alcool. Mettre à nu cette envie, et voir cet amour nu débarrassé des mots.
Et repousser les murs de ma folle prison, les ombres camisole de ces nuits qui m'isolent, mains nouées dans le dos, penchée comme un bateau qui tangue et qui chavire, au-dessus des flots bleus de mes mots bâillonnés.
 J'ai été un moment oublieuse de vous, et de vos verbes rares, laconiques et fermés, de ces mois écoulés, des parfums étrangers, de cette envie tenace, des moments partagés, de vos ailes sur moi, protectrices mais froides. Oublieuse, et honteuse de ce moment de grâce, hors du temps, dans cet ailleurs magique.
Mais c'est ce moment là, qui me revient sans cesse. Cette vision fugace, cet envol de mon âme. C'est à ce moment là qu'au plus doux de mon ventre, s'est ancrée une graine, qui voudrait tant grandir.
Alors vous dire encore ces choses qui me tiennent.
Et trouver le moment et les heures propices, pour vous ouvrir mon coeur, ailleurs que dans ces lignes.
Vous parler et vous dire...
La nuit qui s'aventure et caresse les ombres fait danser mes pensées. Un ange passe dans le silence d'or. Le soleil va sombrer.
Ne plus rien dire. Peut-être. Juste écouter, et savourer. Ou bien vous dire encore... et remercier le ciel d'avoir connu ce monde, votre regard sur lui, et le souffle du vent léger et si troublant. Se dire que les images sont d'énormes cadeaux et ne plus rien attendre qui ne serait plus beau.
Mais si vous étiez là, c'est moi que vous verriez, au fond du verre vide.
Nue, dévoilée.
L'amour que je vous porte a-t-il besoin d'être habillé...

Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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