Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /Avr /2009 17:59
... Je n'avais jamais imaginé que reviendraient les crampes à l'estomac, le manque d'appétit, le dégoût, et l'envie mélangés, savamment, pour mieux me torturer.
Et perdre le sommeil pour mieux trouver ses yeux, tricoter des nuits blanches en dentelle, ajourées, suspendues, accrochées à ses ailes long courrier.
Voyages au coeur de l'envie.
Le bonheur d'être en vie. Plus fort encore.
Des sensations si anciennes, qu'elles avaient glissé dans l'oubli, dans les plis du temps, impalpables. Si puissamment physiques, qu'elles disparaissent aussitôt qu'elles cessent.
On se rappelle l'idée de la douleur, mais la douleur elle-même...
Et là, je la sens cette tenaille, cette pince "tord-boyaux", je le bois cet alcool, il me tourne la tête et je danse immobile.
Les mots qui défilent, les lignes qui filent et remplissent ces pages, si elles me disent  ce que je ressens, au plus profond de mes entrailles taquines, ces lignes "soul" ne me suffisent pas. Ou plus. L'ai-je cru d'ailleurs, ne serait-ce qu'un instant ...?
 J'ai bien essayé, mais c'est raté.
Attendre les tulipes.
Et enfin lui parler.
Elles sont là et après...
Elles sont là offertes, et assoiffées, les pétales en croix, parfois aussi en cercle. Mieux qu'offertes, en offrande, elles se donnent au ciel, étamines et pistil abandonnés au vent, à ses caresses assassines. Offertes à ce soleil insolent d'un avril qui trompe le printemps.
Et la pluie est venue, d'un coup, violente, les gorger de liquide.
Elles sont là, pensives, un peu courbées, repues, dégoulinant du bonheur céleste. Comme après l'amour quand l'attente a été trop forte.
Femme fleur.
Je rêve de ruisseaux, de torrents, de bonheur.
Je me veux toute à lui. Je me rêve alanguie. Je me rêve épanouie. Je le voudrais conquis. Et je le dis, et je l'écris...
Et c'est une folie.
Une folie si douce.
M'en voudra-t-il de faire ce pas hésitant ?
Que pense-t-il au fond derrière ses yeux d'encre ?
A-t-il autant que moi aimé ces instants suspendus, ces confidences, ce vin, et nos yeux aimantés... ? Mais c'est déjà si loin...
" Tout me ramène à vous, la distance, le silence, les circonstances.
Un souffle...
Vos mots, le son entre les lignes, les signes entre les mots.
J'ai rencontré un ange, et trop aimé sa voix.
Gérer ce dossier là, j'essaie, je ne sais pas.
A qui d'autre que vous pouvais-je ouvrir mon coeur ?
Vous seul savez. Vous seul pouvez l'entendre. L'entendre et l'écouter... "
Sophie M.
Je sais, c'est totalement désespéré.
Mais c'est fait, en un clic, le sort en est jeté, comme on jette les dés espèrant "le" tirage.
Je peux tourner la page, et respirer plus fort. Cette plume électronique, m'a rendue plus légère...
J'ai faim.
Voilà au moins qui est clair. Dire ce qu'on a sur le coeur et manger...
"Et moi aussi j'ai faim, Sophie !"...Le voyage sans doute. Il me fallait de la distance, avec cette eau qui m'entraîne. D'autres parfums, et le silence des oiseaux. Ma maison cachée sous la vigne vierge verte et tendre. Le lilas, blanc et mauve, les pensées fatiguées au bord du puits encore. Les dorloter un temps encore.
Du silence à écouter dans toutes ses nuances.
Du silence pour mieux m'entendre.
J'ai jeté dans mon sac trois bricoles, le cahier de Sophie, mes mots perdus, mon téléphone.
Emballé un miroir, une lampe, et cherché en vain l'affiche de cette exposition. Au dos, il avait écrit des mots comme une caresse, des mots de blues.
Quelquechose comme ...
" Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne
O vase de tristesse, ô grande taciturne,
et t'aime d'autant plus, belle, que tu me fuis,
Et que tu me parais, ornement de mes nuits,
Plus ironiquement accumuler les lieues
Qui séparent mes bras des immensités bleues.
.." *
Idéal masculin, qui vous berce et vous rend toujours un peu plus belle. Ces fleurs du mâle, me faisaient tant de bien. Chassant mon spleen, mes heures noires...avant de me plonger dans l'infini de ténèbres plus noires encore, dans le blues le plus cruel.
Mais que sait-on des rendez-vous de la vie......
Que sait-on de nos ciels si changeants... ?

* "Je t'adore " in Spleen et idéal XXIV,  Les fleurs du mal, Charles B.



Par Frédérique L.R - Publié dans : écriture et poésie
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