Mardi 14 juillet 2009
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11:43
Moi non plus je n'osai lire la suite...
Et pourtant quelque chose d'impalpable me disait que dans ces lignes il y avait comme une clé... un code à déchiffrer.
Les mots de Sophie me remplissaient de bonheur, tant le sien était contagieux. Mais que cachaient-ils au fond ?
Elle semble tellement éprise...douce folie que la sienne.
Comment fait-elle pour dire le mot juste à cet homme ? Et par quelle magie lui répond-il ainsi ? Sans doute le goût du jeu que procurent ces échanges électroniques, où les distances de toutes
sortes sont finalement abolies. Quoiqu'en soit le prix d'ailleurs.
Moi, il me semble que c'est toujours mon corps qui a parlé d'abord. Une main, un regard, enlacer le mâle tout à coup et le sentir se rapprocher. Il me semble avoir lu quelque part une phrase qui
disait çà... " Une femme qui "pelote" un homme, c'est toujours plus élégant qu'un homme....dans la rue ...".
Je pris mon vieux carnet, et j'emportai avec moi des mots qu'il faudrait relire. Ceux que je n'ai toujours pas osé, tenté, ni essayé de redire ici avec le recul du temps froissé, ce temps que
l'on plie comme un drap dans l'armoire. Ce temps qu'on laisse aux parfums qui entêtent au début et dont l'odeur n'est plus que celle du souvenir bientôt, et qui finit par prendre un mauvais pli, un
pli qu'aucun fer, ni aucune vapeur n'assouplit jamais.
Je pris mon vieux carnet et la mémoire de Sven, les racines de Julie...aussi...Elle rentre très bientôt, son séjour s'est prolongé par quelques escapades magiques m'-a-t-elle dit l'autre soir. La
côte ouest, et ses rochers de granit ronds et roses, Smögen, ce joli petit port aux maisons de bois colorées posées côte à côte en une harmonie simple de planches et de rusticité élégante. Un
ponton de bois fait usage de trottoir et il fait si bon y déambuler le soir, dans la rumeur chaude des marins norvégiens venus trouver là une halte pittoresque. Je me souviens y avoir croisé un
couple de Français, elle ronde et embijoutée, lui bedonnant et sans intérêt...." C'est quand même moins bien que St Trop'..." dit-elle tout à coup...ce qui me valut un fameux fou rire. Certes les
jeunes gens étaient bronzés, beaux, et respiraient l'aisance, certes les bouteilles étaient nombreuses, de bière et de vrai bon champagne, sur les voiliers amarés au long du quai...Mais bon...
Le touriste français n'a jamais peur du ridicule...
D'ici à son retour il faudrait que j'étale mes souvenirs, comme on étale les cartes ... Alors d'abord relire mes
impressions d'alors, ce que j'avais pu dire et que peut-être ma mémoire a tellement absorbé que l'oubli aura fait son oeuvre...Grand nettoyage...du disque dur. On ne garde jamais tout tout à fait,
on ne perd jamais tout non plus. Il suffit parfois d'un grain de sable, d'une feuille, d'un mot, ou d'une image pour que renaissent des moments perdus, ou tout simplement rangés à l'abri de nos
désirs, ou de notre volonté d'en découdre avec les démons qui nous rongent.
Ce printemps m'allait bien, je le portais comme on porte un vêtement qu'on aime, et dans lequel on est vraiment soi. Un jean lavé plusieurs fois qui épouse les formes et un T-hirt blanc pour
allumer la lumière sur mes joues déjà caressées par le soleil.
Ballerines légères pour une courte promenade et mon refuge au bord de l'eau.
Il me fallait cette eau, l'impression de l'ailleurs et les bras en vacances pour retrouver tout çà... Je perdrai mon regard dans le fleuve qui coule et sentirai sans doute le parfum des
embruns.
Au bout de l'île St Louis. Un jardin. Un square plutôt. Un banc. La Seine et moi.
Rendez-vous.
Par FrédériqueLR
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Publié dans : écriture et poésie
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