Quelques lignes encore,sur l'amour... au coeur du récit l'attente, les femmes, les hommes, la vie
Carnets de l'ouest numéro cinq
Une averse, aussi soudaine qu'improbable dans ce ciel léger, m'a contrainte à l'exil.
J'écoute le bruit des gouttes qui taquinent le toit. Tantôt douces comme une bruine qui ne mouille pas ou si peu, tantôt cinglantes, graines de tempête dans un vert d'eau. La pluie ici fait souvent
irruption, et s'en va arroser d'autres terres, souvent aussi, elle s'incruste abreuvant jusqu'à les souler les hortensias trop bleus.
Pourtant le soleil inonde la pièce, fauteuils bas écru, rotin clair, des couleurs vives aussi et des fleurs.
J'ai rassemblé hier un ou deux specimen de chaque espèce rencontrée sur le sentier suspendu au-dessus de l'eau... du blé et des ombelles blanches, des centaurées mauves, des nigelles bleues, de
l'avoine élégante et légère ses graines déjà brunes offertes au regard et déjà en partance pour une autre vie, trois fleurs jaunes différentes dont j'ignore le nom et un joli brouillard de
minuscules fleurs blanches, comme un gypsophile sauvage.
La mer est grise maintenant et les courants semblent plus forts, sur les îles , elle brille d'une lumière aveuglante, un concentré de soleil s'est posé là.
Et pourtant il manque une lueur. La nature est bruyante et le monde s'est réveillé.
Mais, il y a au fond comme un silence obligatoire, un silence de circonstance.
Un écho qui ne revient pas. Silence.