Le train des songes

Elle était là.
Le regard perdu dans le gris profond du ciel qui noircit à deux pas de la nuit. Elle était là, le regard perdu dans les points lumineux au loin, dans les fils tendus au-dessus des champs. Mais pas de musique. Juste le balancement câlin des wagons sur le rail et le temps qui filait vers...savait-elle quoi ?
Elle était là. Posés ses bagages légers, un voyage éclair dans ses yeux très clairs.
Elle était là. Place numéro 12. Sa main refermée sur un livre entr'ouvert.
Elle ne lisait pas. Ou de temps en temps. Elle semblait ailleurs, le regard perdu.
Je l'observais de loin en silence.
Respirant son parfum qui m'avait effleuré je ne sais plus quand...longtemps déjà...
Parfois sur ses lèvres un sourire. Parfois seulement.
Un souvenir peut-être.
Un devenir, qui sait ?
Un après.
Mais maintenant ?
Je l'imaginais plus que je ne la voyais. Pas comme ces hommes qui l'ont déshabillée tout à l'heure, de leurs yeux discrets mais terriblement attirés, quand elle s'est levée d'un pas assuré et qu'elle a marché là de dos, et puis de face plus tard, ses cheveux dérangés par un vent invisible.
Est-elle grande, non, élancée plutôt. Une liane souple dans un jean très sombre, un pull léger, très fin tout près de sa peau.
Des perles qui dansent à ses oreilles fines. Et dans son regard tant de lumière.
Quand elle ouvre le livre, d'un geste trop distrait, je devine les mots et j'en connais le titre.
"La conversation amoureuse" (*). Mais elle est seule.
Pourtant, je sais qu'au-dedans de son coeur elle parle.Elle se dit des choses. Elle parle à quelqu'un...
Un dialogue muet. Et des mots de silence.
Et puis un sourire.
Elle pense à lui sans doute.
Une femme qui sourit dans le vide pense à un homme, non ?
"Le rire était au coeur de leurs manigances galantes", je le sentais.....
Avec lui, elle riait beaucoup.
Sans lui, pleurait-elle souvent ?
" Ailleurs et depuis longtemps, ils s'étaient beaucoup observés."
"Cet élan était perceptible de l'extérieur."
" Lui, abîmé dans la contemplation, elle, comblée dans les mailles d'un regard, cette félicité des commencements captivait l'attention."
Je l'observais de loin, la savais en partance, je savais la distance et je savais le train....
Mais je n'étais pas là.
Et sur le quai, personne ne lui tendrait les bras.

(* Alice Ferney)



Qui je suis....

Laissez-moi vous dire

Mes mots sont à moi, je vous les prête...
Ne les empruntez pas...
Merci .

Musiques au coeur

Les indispensables








Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés